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Le blog d Artemisia L

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"Tamaris" de George Sand (1866)

"Tamaris" de George Sand (1866)

Le Tamaris de France (tamarix gallica) qui a donné son nom au quartier

Au printemps 1861, la romancière George Sand s'installa pour plusieurs semaines dans une bastide à Tamaris, un quartier encore sauvage de la petite ville de la Seyne, afin de soigner les suites d'une typhoïde. Tamaris ne ressemblait guère à ce qu'elle est devenue aujourd'hui : c'était un lieu sauvage, ignoré des mondains, contrairement à Hyères déjà célèbre ; Michel Pacha n'avait pas encore entrepris de transformer cet endroit en gigantesque complexe touristique (il commencera après 1880). Le train venu de Paris n'arrivait que depuis un an jusqu'à Toulon !

George Sand en 1864, par Nadar

Quelques années plus tard, en 1866, l'année même des Lettres de mon moulin de Daudet, George Sand publie un roman inspiré par son séjour en Provence. C'est une belle histoire, d'une belle et vertueuse marquise réfugiée dans une bastide avec son fils Paul, et de deux hommes qui tomberont amoureux d'elle : le narrateur, un sage médecin, et La Florade, officier de marine et séducteur impénitent, passionnément aimé de son côté par la redoutable Zinovese, une sorte de Gitane, violente et pitoyable, mère peu aimante et amante fanatique, qui finira par se suicider au soulagement de tous, et par Nama, une jeune fille énigmatique qu'il finira par épouser...

Mais si cette histoire ne manque pas de charme, ce n'est pas l'attrait principal du roman. George Sand nous fait découvrir une Provence inconnue, où les Sablettes ne sont pas encore une plage à touriste, mais le terrain de jeu des pêcheurs (et des douaniers) ; où le Faron et le Coudon dominent de leur silhouette inaltérable un paysage encore sauvage où un vieux "charbonnier" cueille des simples et lance des sortilèges, où la Valette et la Garde ne sont encore que de minuscules villages... Tamaris n'est qu'un rivage désert dominé par des collines, où l'on ne trouve, çà et là, que quelques bastides assez laides... On n'y accédait guère que par la mer – un port minuscule accueillait les "pataches" et les barques de pêcheurs...

Et pourtant, le chant des cigales et l'odeur entêtante des pins n'ont pas changé, et l'on éprouve, à lire le roman, un délicieux sentiment de familiarité...

Soyons reconnaissants à l'association "Livre en Seyne" d'avoir réédité ce roman oublié, qui mérite vraiment d'être redécouvert ! Pour la modique somme de 19 €, c'est une plongée dans la Provence authentique...