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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 07:38
Les Derniers jours du Monde, c'est aujourd'hui un film des frères Larrieux. Quelques longueurs, des scènes fascinantes, quelques gags involontaires... et la prestation superbe de trois acteurs qui crèvent l'écran : Catherine Frot en bourgeoise déjantée, Karine Viard épatante de sensualité et de vie, Mathieu Amalrik en éternel paumé...
Mais c'est aussi, surtout, un livre de Dominique Noguez. Un monument de plus de 500 pages, fascinant et irritant.
Écrit en 1991, il est censé se passer en 2010 (oups... c'est pour demain !). Un virus informatique incontrôlable a produit une série de réactions en chaîne qui conduisent sûrement la Terre à sa perte : épidémies, explosions nucléaires, entre autres joyeusetés. L'ensemble est vécu par les yeux d'un quidam, intellectuel de Biarritz, qui met d'abord un point d'honneur à ne jamais lire les journaux, mais qui est rattrapé par une actualité tragique - le tout sur fond d'histoire d'amour calamiteuse.
L'auteur nous promène dans une France de plus en plus en proie à la panique, de Biarritz (sa plage déserte en plein mois de juillet !...) à Bordeaux, de Cambo-les-Bains à St Benoît sur Loire, pour s'achever sur le pont des Arts, dans un Paris désert.
Le sujet est fascinant ; le narrateur, un personnage attachant... et pourtant, le livre irrite prodigieusement :
par son côté potache, d'abord. On y croise des personnages réels : Fabius (!) en président de la République obligé de jeter l'éponge - il y a donc une catastrophe planétaire que Noguez n'avait pas prévue..., Jean-Edern Hallier toujours vivant et en séducteur décati, Philippe Sollers en faux grabataire converti à l'Islam... Cela peut faire sourire, mais à la longue, c'est agaçant. Et puis, cette sempiternelle plaisanterie qui fait découvrir au narrateur, dans une bibliothèque, le livre même qu'on est en train de lire !...
Mais le pire, c'est cette manie un peu "khâgneuse" de tout dire : Notre héros sirote-t-il un bon cru ? Nous avons droit à la fiche œnologique complète. Visite-t-il Arnaga, la villa de Rostand à Cambo ? On ne nous épargne même pas le contenu des vitrines ! Sans parler de la soirée au Grand Théâtre de Bordeaux, prétexte à une interminable digression sur les mérites comparés du cinéma et de l'opéra... Au point que l'on accueille la panne qui plonge l'édifice dans le noir et la foule dans la panique comme un intense soulagement pour le lecteur !
Vers la page 450, on se surprend à se dire qu'elle n'arrivera donc jamais, cette fichue fin du monde... Avouons que ce n'était probablement pas l'effet souhaité...
Pourtant, si le livre ne restera sans doute pas parmi "les douze qui resteront", comme le dit un peu vite la 4ème de couverture, il laisse une impression forte.

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