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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 13:11

Comme d'habitude, nous étions des milliers, peut-être deux millions dans la rue ce 23 septembre, contre la réforme des retraites. Aussi nombreux, plus encore peut-être, que le 7 septembre.

Et rien ne se passera. Comme d'habitude, la police donnera des chiffres ridiculement bas. Comme d'habitude, le gouvernement, autiste et buté, restera "droit dans ses bottes" sans se soucier de la marée montante...

 

"Cap au pire !" C'était le titre d'une pièce de Beckett. Et ce pourrait être la devise du gouvernement Sarkozy.

 

Tout le monde juge cette réforme injuste et inefficace. Même dans son propre camp, les critiques pleuvent ; des propositions, émanant d'hommes et de femmes de l'UMP, se font jour. Mais Woerth et Sarkozy balaient tout d'un revers de main. Tant pis pour les travailleurs usés, épuisés par un labeur pénible et parfois inhumain ; tant pis pour les femmes, soumises à la triple peine de la précarité et des carrières en pointillé, des salaires amoindris, et d'une retraite à 67 ans... Tant pis pour les jeunes écartés de ce fait d'un marché du travail qui ne leur laisse plus aucune place, les seniors contraints à rester à leur poste, et non remplacés quand ils partent... Tant pis pour la société toute entière.

 

C'est à se demander si Sarkozy et consors n'attendent pas, n'espèrent pas, n'appellent pas de leurs voeux une radicalisation des combats, un durcissement des conflits, bref, une explosion sociale qui leur permettrait, croient-ils, d'instaurer un état policier et d'en finir avec la démocratie...

 

Pourtant, la France n'a vraiment pas besoin de cette "grève générale" qui commence à apparaître, dans les cortèges, comme le seul moyen de se faire entendre. Ce serait une catastrophe économique, sociale, politique,  qui nous éloignerait encore un peu plus de cette démocratie apaisée dont le pays a le plus urgent besoin : une démocratie où la négociation ne serait pas dévoyée et biaisée d'avance, mais où chacun, tout en défendant âprement ses intérêts, ne chercherait pas systématiquement à écraser ceux des autres ; une démocratie où chaque proposition serait la bienvenue, et examinée avec bienveillance ; une démocratie où l'affrontement et le rapport de forces ne seraient pas l'unique mode du dialogue... Une démocratie adulte, en somme, où les extrémismes et les va-t-en guerre n'auraient plus leur place.

 

Et dire que cela aurait été possible, à propos des retraites !Tout le monde était d'accord sur la nécessité de réformer ; pour une fois, un consensus était possible, à condition que l'on donnât aux partenaires sociaux les moyens de négocier, et surtout le temps.

Au lieu de cela, Sarkozy et ses sbires ont préféré l'injustice, la violence d'un passage en force, le refus de toute négociation, le mépris de la démocratie.

 

Il ne tardera pas à en payer le prix, dans les rues, et dans les urnes. Il restera dans l'Histoire comme celui qui aura réussi, en moins de cinq ans,après avoir été élu avec 57 % des voix, à devenir le Président le plus honni de la cinquième République, tant en France qu'à l'étranger ; à transformer la formidable machine de guerre qu'était l'UMP en parti croupion, supplétif de l'extrême-droite.

 

Que l'UMP disparaisse, personnellement, je n'en porterai pas le deuil. Mais il est dommage que le prix à payer soit une République abîmée, une démocratie réduite à un champ de ruines, une France affaiblie et déshonorée...

Puissions-nous au moins en tirer les leçons !

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