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Le blog d Artemisia L

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Le mariage pour tous, une question de principe

Tous les hommes naissent libres et égaux en droit.

Par conséquent, on ne saurait accorder un droit à un homme, ou une catégorie d'hommes, sans l'accorder du même coup à tous les autres.

Deux exceptions à cela :

  1. Lorsqu'un être humain, par son âge, son état de santé ou sa situation ne pourrait exercer ce droit sans mettre en danger sa sécurité et celle des autres : raison pour laquelle j'interdirai toujours à un enfant ou une grand-mère gâteuse de fouiller dans l'armoire à pharmacie, et je confisquerai les clés de la voiture à un ami complètement ivre.
    A ma connaissance, le mariage de mes deux voisins homos ne met en danger ni ma sécurité, ni la leur, ni celle des enfants qu'ils élèvent depuis dix ans.
  2. Lorsque l'exercice de ce droit aboutirait de fait à priver d'autres êtres humains de droits fondamentaux. Ainsi, la confiscation des plages par des propriétaires privés interdit de fait à quiconque l'accès à la mer (je n'ai pas entendu la droite, si légaliste parfois, protester beaucoup...).

Le mariage pour tous n'entre dans aucune de ces catégories. On voit mal, d'ailleurs, comment le fait d'élargir à l'ensemble d'une population les privilèges de quelques uns pourrait avoir de telles conséquences...

Le droit de vote accordé aux femmes en 1945 a-t-il interdit aux maris de voter ?

L'autorisation des mariages mixtes aux États-Unis a-t-il empêché les Blancs de se marier entre eux s'ils le souhaitaient ?

L'accès des Noirs et des Métis aux transports en commun a-t-il contraint tous les Blancs à se déplacer dans des limousines avec chauffeur ?

La permission accordée aux lesbiennes d'avoir recours en France à la Procréation médicalement assistée enlèvera-t-elle ce droit aux hétérosexuelles ?

Il n'y a donc strictement aucune raison d'interdire à une catégorie de l'humanité d'avoir les mêmes droits que les autres.

Quant aux opposants qui parlent d'élargir la loi à la zoophilie, il faudra d'abord qu'ils me démontrent qu'une chèvre est un être humain.

Mais peut-être qu'à leurs yeux, c'est l'homosexuel qui n'en est pas un ?