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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 14:31

Encore un fait divers qui va ameuter les adversaires du "mariage pour tous".

Un couple de lesbiennes avait fait appel, pour avoir un enfant, à un homme, leur meilleur ami, afin qu'il donne son sperme. Un enfant est né, un fils (une petite voix insistante m'interroge : la même histoire aurait-elle eu lieu s'il s'était agi d'une fille ?...).

Si tout s'était déroulé comme convenu, le géniteur devait s'effacer, et la compagne de la mère biologique, devenue son épouse, aurait adopté l'enfant.

Mais voilà que soudain - voix du sang ? Désir de paternité ?  - le père s'est ravisé, a reconnu l'enfant, et réclame des droits sur lui.

En conséquence, la compagne de la mère redevient une parfaite étrangère pour l'enfant qu'elle a voulu, et que peut-être elle va élever pendant dix-huit ans. Elle ne pourra plus ni lui donner son nom, ni en faire son héritier, ni obtenir sa garde si sa compagne décède, ni exercer une autorité parentale : impossible, par exemple, de prendre une décision essentielle pour la santé ou la scolarité de l'enfant.

Tout au plus aura-t-elle droit à une adoption simple... si le père y consent.

J'entends d'ici les tenants des fameux "droits de l'enfant" : mais voilà un petit garçon qui risque bien, en cas de divorce, ou de décès de sa mère biologique, de se voir privé du droit le plus élémentaire : celui de conserver celui des deux parents survivants... Car enfin si cet homme, qu'il aura vu, dans le meilleur des cas, un week-end sur deux et la moitié des vacances, le décide, il aura le droit de lui interdire de revoir sa deuxième mère, qui l'aura élevé, et qu'il aura aimée pendant toutes ces années... Il se retrouvera donc doublement orphelin !

On me dira que c'est la situation des couples recomposés. Si le divorce intervient très tôt, dans les premiers mois ou les premières années de la vie de l'enfant, le beau-parent devient forcément, aux yeux de l'enfant, son vrai père ou sa vraie mère. Et il n'a toujours aucun droit...

 

Il ne s'agit pas de priver de tout droit le père biologique. Après tout, cet homme a peut-être voulu, très sincèrement, devenir père, et c'est tout à son honneur.

Mais la loi devrait évoluer, et prévoir qu'à la tragédie d'une mort ou d'un divorce ne vienne s'ajouter le drame d'une séparation entre un enfant et celui ou celle avec qui, au fil des années, il a tissé des liens affectifs profonds et indestructibles.

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