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La Bataille du Mans

 

Depuis le milieu de frimaire1, le Mans vivait dans une angoisse inexprimable. Les Brigands arrivaient ! Cette fois, c'était certain, plus de sursis. Plusieurs fois déjà, au cours de cette année terrible, on avait bien cru que ça y était, mais non : ils avaient toujours passé outre. Mais cette fois, s'ils avaient échoué devant Angers, ils avaient pris la Flèche, par ruse, et presque sans coup férir. Les bruits les plus fous couraient sur cette armée. Combien étaient-ils donc ? vingt-mille ? Cent mille ? Une horde effroyable qui allait submerger la ville. On disait qu'ils pillaient et brûlaient tout sur leur passage, qu'ils violaient et massacraient les femmes, qu'ils allaient jusqu'à crucifier les enfants. Ils amenaient avec eux la peste et la mort. Toutes les grandes terreurs resurgissaient, celle des invasions, celle des grandes épidémies.

On ne se parlait plus. Les gens restaient terrés chez eux – enfin, ceux qui n'avaient pas pu fuir, car la ville s'était vidée ! Les rues étaient désertes, les boutiques restaient closes, les volets tirés.

Au Club, en revanche, on siégeait sans désemparer. Il fallait collecter les armes, les distribuer, organiser la défense de la ville... Garnier de Saintes était partout à la fois, au département, à la municipalité, au club, sur les positions de Pontlieue, de la Mission...Conscient que le courage manquait quelque peu, il rédigea une proclamation sur un coin de table.

"Va porter cela à ton imprimeur, dit-il à Silvère qui se trouvait là. Dis-lui que c'est urgent..."

A la grande stupéfaction de Silvère, il trouva porte close. Il rencontra, non loin de là, un de ses collègues, qui traînait une charrette à bras.

– Mais que se passe-t-il ? Tu n'es pas à ton poste ?

– Tu es fou ! tu ne sais donc pas que les brigands arrivent ! qu'ils massacrent tout !

– Hé bien, justement, ce n'est pas le moment de faiblir. On a besoin de bras.

– Ah ! ouiche ! Hé bien ne compte pas sur moi ! Pas envie de me faire trouer la peau pour des prunes ! Moi, je me tire !

– Mais c'est de la dernière lâcheté ! C'est...

– C'est ce que tu voudras ! Moi, j'ai pas trente ans, j'ai pas envie d'être empalé ! Alors va jouer les héros si tu veux, mais vas-y tout seul !..."

Et sur ces mots, il tourna les talons, laissant Silvère éberlué.

Celui-ci n'était pas au bout de ses surprises : il trouva le même spectacle chez Monnoyer...

"Ah ! râla-t-il, on est bien secondé !... Ils se sont tous donné le mot !"

On apprit bientôt qu'une bonne partie des notables, conseil général en tête, s'apprêtait à en faire autant. Quant aux négociants, aux riches, à tous ceux qui pouvaient craindre de perdre quelque chose en cas de pillage, ils se dépêchaient de mettre leurs biens à l'abri. Le patriotisme, tant qu'on voudra, mais les bijoux et l'argent d'abord, nom de nom !

 

Le Mans était une ville ouverte, traversée par d'importantes routes commerciales, et donc presqu'impossible à défendre. Il y avait bien eu, aux temps gallo-romains, une belle muraille, mais il y avait belle lurette qu'elle ne servait plus à rien, les habitations ayant largement débordé au-delà. Tout au plus les anciennes tours de gué, comme la tour Vineuse, avaient pu servir de prison, du moins tant que l'afflux des suspects ne l'avaient pas rendue trop exigue. Il fallait donc parer au plus pressé, et si possible retarder suffisamment l'assaut ennemi pour laisser aux armées républicaines de Marceau le temps d'arriver.

Sur la route de la Flèche, le général Chabot, qui venait de se replier en ville, fit précipitamment creuser des retranchements, avec une redoute et quatre pièces de canon ; au pont de Pontlieue, on établit un poste de cinquante hommes avec des chevaux de frise ; et un peu plus loin, vers la Mission, on dissimula un canon, destiné à prendre en enfilade ceux qui auraient pu échapper aux premières embuscades. On coupa deux arches du pont de Pontlieue, on fortifia les bois de l'Epeau, on fit garder le gué de Maulny. Personne n'avait réellement d'illusion sur l'efficacité de ces mesures ; mais il fallait bien faire quelque chose, ne serait-ce que pour conjurer la peur ; et puis, il y avait ce fameux décret de la Convention, selon lequel toute ville qui ne résisterait pas aux Brigands serait rasée...2

Le dix-neuf frimaire3, on apprit que Clermont, sur la route de la Flèche, venait de tomber. Les Vendéens n'étaient donc plus qu'à quatre ou cinq lieues du Mans : ils seraient là le lendemain, rien ne pouvant plus les arrêter.

"Combien y a-t-il de défenseurs ?

– Deux cents hussards, plus la garde nationale, et un bataillon de "bleus"...

– Le bataillon de Valenciennes au gué de Maulny, les autres à Pontlieue !"

Silvère se sentait plein d'une exaltation guerrière. Il sentait déjà l'odeur de la poudre, le bruit des canons... La liberté ou la Mort ! Il connaissait bien cette exaltation, cette excitation plus forte que la peur, avant le combat...Depuis Chemillé, il n'avait guère eu l'occasion d'en découdre... Il fallait d'abord s'occuper du petit Joachim, qui commençait tout juste à aller mieux.

Il trouva Elisa et sa mère sur le point de quitter la ville.

"C'est bien, leur dit-il. Essayez de gagner la Ferté-Bernard et Chartres. Je reviendrai chercher le petit dès que je le pourrai..."

Il leur laissa de l'argent, et regagna la caserne Saint-Vincent. Là, il fut envoyé au poste de Pontlieue.

 

Ce fut d'abord interminable. Dès trois ou quatre heures du matin, tout le monde était sur le pied de guerre, mais rien ne semblait se passer. On fumait en silence. Silvère reconnaissait bien là l'une des plus grandes plaies de la vie militaire : l'attente, l'interminable, la cruelle attente... Depuis deux jours, il faisait un froid atroce, agravé encore par une pluie continuelle qui glaçait jusqu'aux os. Il fallait protéger les fusils et la poudre de toute cette humidité. Le lourd drap d'uniforme n'avait pas tardé à se détremper ; il lui semblait peser si lourd qu'il se demandait si réellement il pourrait se lever et courir ...

Enfin, vers dix heures et demie, quelque chose se passa. Un frémissement dans le camp, un changement dans l'atmosphère. Au loin, au bout de l'horizon bouché, une vague rumeur grossissait de minute en minute. Les Vendéens arrivaient.

Tout le monde se mit en place, mais déjà certains murmuraient :

"Comment se fait-il ?... Les jeunes du Tertre rouge ne les ont pas arrêtés ?"

Silvère entendit un ordre bref : "feu !" suivi d'un immense vacarme, qui lui résonna douloureusement dans la tête : l'artillerie républicaine venait de tirer. A peine la fumée commençait-elle à se dissiper que les canons vendéens ripostèrent. Un boulet passa à quelques pas de lui, il entendit des cris horribles : des camarades venaient d'être touchés.

Et puis ce fut une ruée sauvage, des cris, un corps à corps. Son fusil s'enraya ; il le laissa tomber, continuant au sabre, frappant de droite et de gauche, aveuglé par la fumée et par la pluie. Il n'entendait plus rien, obsédé par une pensée unique : ne pas céder, ne pas reculer.

Soudain, il perçut une voix familière :

"-Arrête ! Es-tu fou ? Tu vas te faire isoler ! Aux canons, vite !" Il reconnut son capitaine, et le suivit prestement.

Alors, en un éclair, il vit le désastre : le pont de Pontlieue avait été franchi, les Vendéens déferlaient sur l'autre rive. C'était une déroute, il fallait maintenant essayer de sauver les canons, dont les servants venaient d'être tués, afin d'éviter qu'ils ne tombent aux mains de l'ennemi.

A plusieurs hommes, ils s'efforcèrent de tirer avec eux les quatre lourdes pièces ; mais l'une d'elle, à demi-embourbée, dut être laissée sur place.

C'était maintenant une déroute complète : de jeunes soldats – sans doute ceux que l'on avait mis à l'avant-poste du Tertre Rouge, avaient sauté dans la rivière et s'efforçaient de gagner la rive. On courait de tous côtés. Les Hussards, quant à eux, fuyaient à bride abattue !

"Il faut se replier dans la ville, cria Silvère. Là-bas, il nous reste le combat de rue !

– Tu parles, répondit quelqu'un. Y'a plus rien à faire ! Sauve qui peut !..."

Il restait cependant un canon, que l'on avait dissimulé dans les sapinières entre Pontlieue et la Mission. Lorsque Silvère s'en approcha, il vit un homme qui s'efforçait, tout seul, de le mettre à feu# ; "Attends-moi, camarade !" lui cria Silvère ; à eux deux, ils parvinrent à tirer plusieurs boulets, qui affolèrent les chevaux de la cavalerie adverse, et la retarda quelque peu. Mais une fusillade nourrie leur répondit, et il leur parut vite évident qu'ils allaient être pris.

"– Foutons le camp ! Plus rien à faire par ici. On a fait ce qu'on a pu...

– C'est sûrement pas le cas de tout le monde, grinça Silvère."

Ainsi, c'était fini. Il aurait été incapable de dire combien de temps tout cela avait duré, mais déjà le jour commençait à baisser. Et il avait le sentiment cruel que tout cela n'avait servi à rien. Il avait entendu des camarades blessés, il avait frappé l'ennemi, il avait été pris dans la déroute, sans avoir à rougir de lui-même : cela du moins le consolait. Il avait réussi à échapper aux Vendéens... Mais ceux-ci, vainqueurs sur toute la ligne, étaient dans la ville. Quel désastre !...

Et à quelles horreurs fallait-il s'attendre si tout ce qu'on disait était vrai, si les abominations racontées jour après jour par son cher Courier Patriote se réalisaient ici ! Alors, il sentit l'épouvante le glacer : Pourvu seulement qu'Elisa et sa mère aient pu fuir... Deux femmes et un bébé livrés aux brigands !

Il fallait rentrer au plus vite, savoir ce qu'il en était, et puis, si possible, trouver un moyen de rejoindre les armées républicaines qui arrivaient en renfort... Elles ne devaient plus être bien loin, maintenant !

Quitter son uniforme, cacher son fusil ne fut l'affaire que d'un instant. Puis, en longeant l'Huisne jusqu'au Gué de Maulny, alors abandonné par les troupes républicaines, il parvint à se glisser sans être vu dans la ville.

Un incroyable défilé avait commencé, qui devait durer plusieurs heures. Derrière les combattants -quelques milliers tout au plus, fantassins et cavaliers confondus, venait une ahurissante cohue de paysans sans armes, ou portant simplement des piques ou des fourches, de femmes, d'enfants, à pied ou juchés sur des chariots branlants, surchargés d'objets hétéroclites, meubles, ballots, jusqu'à des ornements d'église. Certains avaient même emmené avec eux leur bétail, quelques vaches, un cochon... et tout cela hommes, bêtes, chariots, bagages, sans parler des armes et des munitions, envahissait les quartiers, se répandait sur les places, comme une marée. Ce n'était plus une armée d'invasion, mais une véritable migration, tout un peuple en marche, un peuple fiévreux, harassé, malade.

Beaucoup paraissaient atteints ; certains, couchés sur les voitures, ne pouvant plus marcher, toussaient comme des perdus ou se tordaient de douleur. L'odeur qui se répandit presque aussitôt ne laissait aucun doute sur le mal qui terrassait la plupart d'entre eux : la dysenterie, provoquée par la faim, la fatigue et la nécessité de manger n'importe quoi . Ils menaient avec eux quelque deux cents prisonniers républicains, qu'ils enfermèrent aux Ursulines.

Non sans difficultés, Silvère courut chez sa mère, mort d'inquiétude. Qu'était-il arrivé à son petit ? Il vit aussitôt en arrivant que les Vendéens étaient déjà chez lui. Il monta quatre à quatre les escaliers. La porte était ouverte. Dans un coin, la vieille bonne, se tenait immobile, sans rien dire.

"Où sont ma mère et Elisa ?"

La vieille femme fit un signe, indiquant que tout allait bien. Elles avaient pu fuir.

"Et le petit ?"

Même geste.

Face à eux, se tenait un officier ennemi, qui accompagnait un couple, une toute jeune fille soutenant un jeune homme blessé.

"– Ah ! fit l'homme, peut-être pourrons-nous enfin nous faire entendre... Cette femme a l'esprit tellement obscurci par la peur qu'elle ne comprend goutte ! A moins qu'elle ne soit sourde et muette...Nous sommes ici pour procéder à des réquisitions. Monsieur que voici (il désigna le jeune homme) est blessé. Nous le logerons ici avec Mademoiselle sa sœur. Vous les hébergerez et pourvoierez à leurs besoins, tout le temps que nous camperons en cette ville. Cela n'excédera pas une nuit ou deux, peut-être trois. Bien entendu, vous répondrez de leur sûreté sur votre vie... Et vous serez dédommagés, du moins dans la mesure du possible..."

Un signe de tête, et le voilà parti.

La jeune fille, sans un regard pour Silvère, s'occupait de celui que l'officier blanc avait présenté comme son frère, mais que Silvère soupçonnait plutôt d'être son amant. Il avait reçu un coup de sabre à l'épaule, et paraissait très affaibli.

"Vite, fit-elle. De l'eau bouillie, un drap pour la charpie... s'il vous plaît, ajouta-t-elle après une hésitation.

– Puis-je au moins savoir à qui j'ai affaire ? demanda ironiquement Silvère. Entrer ainsi chez les gens...

– Croyez que seules les nécessités de la guerre nous y ont contraints, répondit la jeune fille avec hauteur. Je suis Marie de Linière, et voici mon frère Rémy. Il est bien mon frère, ajouta-t-elle, ayant peu-être perçu un mouvement ironique de Silvère. Nous venons des Lucs sur Boulogne... Et vous ?

– Silvère Derouet, citoyenne ! Ici, on a un peu perdu l'habitude de vos formules ampoulées...

– Vous êtes Républicain ! Et vous n'avez pas fui !...

– Certainement pas ! J'ai mis ma famille à l'abri, mais je dois veiller sur tout ceci, mentit-il. Je suis, ou plutôt j'étais marchand... En attendant, puisque la fortune de la guerre me contraint de vous donner l'hospitalité... et puisque lui est blessé..."

La nuit fut relativement calme. La jeune fille avait voulu veiller son frère, au début, et n'avait accepté qu'une chaise ; mais bien vite,elle fut emportée par la fatigue. Après un moment d'hésitation – partagé entre sa volonté de ne collaborer en rien avec les brigands, et le sentiment inné qu'on doit secourir une femme – il avait fini par la saisir à bras le corps pour l'installer sur l'unique fauteuil. Elle n'avait pas résisté, et il avait été frappé par la minceur de ce corps abandonné, qui ne pesait presque rien. "Comment a-t-elle pu tenir jusque là, se disait-il effaré, avec ces marches forcées, ces combats incessants, et la faim ?"

Il sortit dans la rue. Le spectacle était hallucinant : tous ceux qui n'avaient pu trouver à se loger dormaient dans les encoignures de portes, à même le sol, après avoir passé la soirée à dévorer et à boire tout ce qu'ils avaient pu trouver. Des bouteilles gisaient un peu partout, montrant à l'évidence l'étendue du pillage.

"Si nos armées arrivaient maintenant, songeait Silvère, c'est tout juste s'ils se réveilleraient ! On pourrait tout faire prisonnier d'un coup !" Mais que pouvait-il faire, seul ? La garde nationale était emprisonnée, ou en fuite ; tout ce que la ville comptait d'officiels était parti.

En effet, informés de la débâcle, Chabot et Garnier de Saintes, qui étaient restés en ville, avaient fait évacuer vers Alençon ce qui restait des autorités constituées et des fonctionnaires civils, qui avaient emmené avec eux tous les registres et papiers officiels. Ils avaient même fait ouvrir les prisons des Visitandines et des Ursulines; en avaient extrait plus de trois cents prisonniers, transférant les hommes à Chartres, et abandonnant les femmes à leur sort, place des Jacobins. La ville avait été désertée, livrée à son destin, et à ses envahisseurs.

Silvère se sentait comme un naufragé, laissé sur un vaisseau au milieu de la tempête. son impuissance le désespérait. Il songeait avec angoisse à sa mère et à sa sœur. Avaient-elles eu le temps de gagner Chartres ? Il se souvint à ce moment qu'il n'avait pas aperçu le grand François, ni dans la maison, ni plus tard, au combat.

"Possible que je ne l'ai pas vu... Il y avait une telle pagaille ! Mais c'est égal, pour une fois, j'aurais aimé qu'il soit avec elles..."

Il pensait n'éprouver que dégoût et haine à l'égard de ces "brigands", de ces "cannibales", de cette "horde fanatique" dont on lui rebattait les oreilles depuis des mois. Mais, à sa grande surprise, ce qu'il sentait à présent, outre un certain respect pour leur courage au combat, c'était une curiosité mêlée de pitié. Il ne savait pas très bien à quoi il s'était attendu, mais il ne pouvait échapper à l'idée que si l'on avait enlevé à ces gens leurs cocarde blanche et leurs grands chapeaux "rabalets", si l'on pouvait faire abstraction de l'épuisement qui marquait leurs traits, rien, absolument rien ne les distinguait des Sarthois, de lui-même.

"A force d'en entendre parler, et d'en parler moi-même comme de véritables bêtes, j'ai fini par ne plus leur prêter figure humaine !" se disait-il" Il haïssait toujours autant leurs idées, leur foi aveugle dans leurs églises et leurs prêtres, leur royalisme ; leur insigne sanglant, ce sacré-cœur marqué d'une croix, le révulsait. Mais il sentait, avec une sourde inquiétude, qu'il lui devenait difficile de détester ces hommes.

"Serais-je lâche, à mon tour ?" se demandait-il.

 

Le lendemain matin, toute la ville fut réveillée en sursaut par des bruits de canonades et de fusillade. C'était l'avant-garde de Westermann, qui tentait une attaque de cavalerie. Mais cela ne dura que quelques heures, et il dut bientôt se replier à une lieue du Mans. L'incident avait cependant redonné du courage aux Vendéens, qui se mirent à visiter systématiquement bâtiments publics et maisons, notamment ceux qu'on leur avait désignés comme républicaines. Mairie, Conseil général furent fouillés de fond en comble. Place des Halles, un petit groupe s'attaqua à la guillotine, qui, frappée à coups de hache, finit par s'effondrer dans un grand fracas au milieu des vivats.

Pendant ce temps, les chefs de l'Etat-major de l'armée royale, qui s'étaient installés dans l'hostellerie de la Biche, place des Halles, cocarde blanche au chapeau et écharpe blanche autour de la taille, firent le tour de la ville pour en repérer toutes les issues et y faire établir des postes de garde. Silvère, qui rentrait chez lui à ce moment là les vit passer. Il les observa avec surprise ; il remarqua surtout l'un d'eux, très mince et qui paraissait extrêmement jeune ; il gardait les sourcils froncés, l'air soucieux et triste.

"– Général à vingt ans ! se dit Silvère, avec une pointe d'envie. Mais aussitôt il se corrigea : Nous aussi, nous avons nos héros ! Marceau n'a que vingt-quatre ans..." et une petite voix lui taraudait la conscience : "Et toi, tu as vingt-deux ans, et tu n'es rien, et tu n'as encore rien fait..."

L'après-midi fut marqué par divers incidents : l'escarmouche du matin, puis l'inspection des chefs avaient convaincu chacun de l'impossibilité de rester longtemps au Mans. Il fallait évacuer, et le plus tôt possible. Mais comment ? Et pour aller où ? Les uns voulaient continuer sur Paris, les autres, les plus nombreux, ne souhaitaient que repasser la Loire, et rentrer chez eux. De l'Etat-Major, la dispute gagna rapidement toute l'armée ; et plusieurs en seraient venus aux mains si leurs chefs n'étaient intervenus, sabre au clair.

Le jeudi matin, on apprit que les deux-cents prisonniers des Vendéens, gardes nationaux et jeunes requis, venaient d'être libérés. Ce fut une grosse surprise : cela contredisait toutes les idées qu'on s'était faites sur ces gens-là ! D'ailleurs, leur comportement était bizarre : s'ils avaient copieusement pillé caves et garde-mangers, pour le reste, ils détruisaient relativement peu. Ils ne semblaient s'intéresser ni aux objets précieux, ni à l'argent. Seules quelques maisons avaient été dévastées, mais ce choix était évidemment politique : c'étaient celles de l'évêque constitutionnel, celle du maire Pottier, et quelques autres du même genre. Ils étaient même allés jusqu'à remettre, en mains propres, des effets de commerce reçus au courrier à deux négociants de la ville. Vrai, on n'y comprenait plus rien ! Et bien des Manceaux, qui prirent cela pour de la faiblesse, en conçurent pour les envahisseurs le plus profond mépris.

Ce jeudi-là il faisait encore un temps épouvantable. Une pluie glaciale tombait sans discontinuer. Sur le coup de onze heures du matin, les premiers hussards de Westermann furent aperçus sur les hauteurs de Pontlieue. On fit sonner le tocsin, mais les Vendéens, exténués et découragés, eurent toutes les peines du monde à se mettre en marche. Les hommes, harassés, se plaignaient amèrement, et n'avançaient pas. On vit les chefs, notamment le jeune homme que Silvère avait aperçu, s'efforcer de les encourager et de les entraîner.

Toute la journée, on resta en haleine, sans savoir ce qui se passait. On entendait toujours les canonnades et les détonations, mais qui l'emportait...?

Sitôt que Rémy avait entendu l'alarme, il avait à toute force voulu aller rejoindre les siens, malgré les supplications de sa sœur ; mais il n'avait pu se lever, et, immobile sur son lit, les yeux fixes, il s'efforçait de comprendre les événements. Silvère, qui éprouvait la même anxiété, mais en sens inverse, comprenait son tourment. Lui-même, bien qu'en bonne santé, n'était-il pas réduit à l'impuissance ? A la fin, n'y tenant plus, il résolut d'aller voir s'il pouvait apprendre quelques nouvelles.

La place des Halles, la place de l'Eperon semblaient vides ; tous les hommes valides s'étaient portés au combat, et les autres se terraient dans leur logement de fortune. Il régnait un calme inquiétant en ville ; on e–t dit qu'un orage grondait au loin, et s'approchait.

Et puis, vers la fin de l'après-midi, on vit arriver en courant les premiers survivants du combat. Ils paraissaient épouvantés, et hurlaient :"la déroute ! La déroute !"

Alors, ce fut comme un signal. Femmes et enfants sortirent dans la rue, courant en tous sens, se ruant sur les chariots. Bientôt, la cohue devint inextricable, chacun partant dans n'importe quel sens. Le jour tombait, ajoutant à la terreur générale.

Silvère bondit de joie lorsqu'il comprit que les Républicains l'emportaient. Il regagna précipitamment la rue Bourgeoise... Mais déjà, la nouvelle était parvenue dans le quartier ; un gigantesque encombrement bloquait toutes les rues, et il eut bien du mal à se faufiler jusque chez lui.

Il trouva Marie de Linière, très pâle, qui tentait de soutenir son frère ; celui-ci, affaibli encore par le sang qu'il avait perdu, semblait hors d'état de marcher, malgré les objurgations de sa sœur. Devant ce couple pitoyable, Silvère se sentit mal à l'aise : les laisser partir ainsi, c'était les envoyer à une mort certaine ; jamais ils n'auraient la force de franchir l'obstacle insurmontable de la Sarthe, et, s'ils ne périssaient pas écrasés, ils seraient à coup sûr rattrapés et massacrés.

S'il avait rencontré Rémy de Linière sur un champ de bataille, ou même dans un duel à égalité, toute sa hargne contre les dévots et les royalistes l'eût sans doute repris, et il se serait battu contre lui avec délectation. Peut-être même – mais c'était déjà moins sûr – eût-il approuvé une condamnation à mort prononcée par un tribunal en bonne et due forme. Mais là, blessé, épuisé, désespéré, sans aucune chance de survie, ce n'était plus qu'une victime ; Silvère ne pouvait plus voir en lui que le malheureux qu'il devait secourir. Il était incapable de haïr un ennemi dans la détresse. Et puis, il y avait sa sœur, si mince et si fragile... Il n'osait l'imaginer au milieu des soldats, ou dans un cachot. Il avait beau se dire et se répéter qu'elle n'était qu'une brigande, une scélérate, infiniment pire que toutes les femmes envoyées ces derniers temps en prison, il ne parvenait pas à s'en convaincre. Une curiosité plus forte que tout lui donnait envie de la connaître, de lui parler, de s'imaginer d'où elle venait, ce qu'avait été sa vie avant cette horrible guerre, ce qu'elle espérait... Elle emplissait la chambre de sa présence, et il n'avait pas tellement envie de la voir partir.

Sa décision fut vite prise.

"Où comptez-vous donc aller ?

– comment savoir... Vers Laval...

– Dans l'état où il est, il n'y arrivera jamais !

– Il a raison, balbutia le jeune homme. Laisse-moi là. Sauve-toi...

– Jamais sans toi ! A la grâce de Dieu !

– Elle risque fort de vous manquer, votre grâce de Dieu, ironisa Silvère. Si vous ne voulez pas mourir tous les deux...

– La mort ne nous fait pas peur !

– Evidemment ! Il est parfois plus difficile de vivre que de mourir... Si vous voulez espérer revoir un jour votre Vendée, je vous conseille de rester ici. Je suis connu au Club, on ne viendra pas vous chercher ici. En cas de besoin, je ferai croire que vous êtes un des nôtres. Et je ferai passer Marie pour ma sœur Elisa...

– Pourquoi faites-vous cela ?

– Je n'en sais rien. Si un jour on se retrouve face à face, je vous combattrai sans pitié. Mais ici, vous êtes chez moi... et vous n'avez vraiment aucune chance. Voilà."

Et, montrant la fenêtre : "il y a déjà eu bien trop de victimes dans cette foutue guerre. Et ce n'est sans doute pas fini."

 

De toutes les maisons jaillissait une foule immense, qui s'agglutinait dans les rues étroites, incapable de trouver son chemin dans le labyrinthe de la vieille ville. Bloqués au pied de la colline du Vieux-Mans, les Vendéens n'avaient d'autre solution que de traverser la Sarthe ; mais il n'y avait pour cela qu'un seul pont praticable, le pont Perrin, presque impossible à franchir avec une grosse voiture en temps normal. Entre ce pont et la place de l'Eperon, un réseau inextricable de ruelles étroites, rue de la Vieille-Porte, rue Dorée, rue des Boucheries, des Poules, des Trois-Sonnettes, venelles héritées du Moyen-Age, où les attelages avaient bien du mal à tourner. Une erreur, et la foule vous poussait vers l'escalier des Boucheries, infranchissable. Partout, ce n'étaient que pièges, chausse-trappes, ruelles débouchant sur des escaliers ou des cul-de-sac. Affolés, incapables de se repérer dans ce dédale où tout se ressemblait, tous cédaient au désespoir et à l'épouvante.

Ce fut une indescriptible cohue, des cris, des gens écrasés sous les sabots des chevaux ou sous les charrettes renversées... Des femmes séparées de leurs enfants lançaient des appels désespérés, les chevaux affolés hennissaient... et puis, au delà de la Sarthe, le labyrinthe recommençait, de ruelles étroites et boueuses... Les chefs avaient fait tous leurs efforts pour tenter de contenir la déroute, mais que peut-on faire contre une foule en folie ? Il avait fallu se laisser emporter...

Pendant ce temps, le combat continuait avec acharnement, dans les faubourgs. Du centre ville, on entendait les détonations de plus en plus rapprochées ; enfin, les premiers Républicains pénétrèrent place des Halles, place de l'Eperon et place des Jacobins. Les Vendéens, privés de leurs canons – celui du Puits de Quatre-Roues avait été pris dès la veille au soir – s'étaient réfugiés dans les maisons, et tiraient des fenêtres.

Pourtant, vers deux ou trois heures du matin, le combat avait cessé. Seuls résonnaient, de loin en loin, quelques coups de canon.

 

Vers sept ou huit heures du matin, ce fut la fin : les Républicains reprirent les combats avec des troupes fraîches ; les Vendéens n'étaient plus que quelques centaines, et les forces leur manquaient. Bientôt, toutes les armées Républicaines convergèrent place des Halles, coupant les derniers défenseurs de l'Eperon. Là eut lieu le dernier combat, au fusil et à la baïonnette. On poursuivit les fuyards jusque sur la route de Laval... A huit heures, la déroute vendéenne était complète.

Alors commença une traque impitoyable : maison après maison, les Républicains fouillaient, recherchant les femmes, ou les blessés qui n'avaient pu s'enfuir. Ils les poussaient sans ménagement, la baïonnette dans les reins, et les fusillaient dans la rue.

Silvère, qui avait assisté à l'une des premières scènes de la matinée, comprit immédiatement le danger : si l'on pénétrait chez lui, non seulement le blessé et sa sœur seraient exécutés sans pitié, mais lui même, par dessus le marché ; on ne lui laisserait probablement pas le temps de prouver sa bonne foi... et il se trouvait, de fait, complice des rebelles.

"Un comble !" se dit-il.

En attendant, il fallait aviser.

Près du puits de Quatre-Roues, gisait un garde national. Silvère comprit immédiatement le parti qu'il pouvait en tirer, et, malgré sa répugnance, il s'empara de sa veste et de son fusil. Il ne lui restait plus qu'à rentrer chez lui, dans l'espoir que personne ne l'avait précédé.

Lorsqu'il entra dans la maison, il trouva Marie seule.

Il eut un sursaut :

"– Où est votre frère ? Fit-il en désignant le lit vide.

– Pendant que vous étiez partis... Une voiture des nôtres est passée dans la rue. Je l'ai fait évacuer.

– Mais vous-même, pourquoi n'êtes vous pas partie avec lui ?

– la voiture était déjà pleine. Je vais essayer maintenant...

– Toute seule, dans une ville que vous ne connaissez pas ! Où on massacre à tout de bras ! Vous êtes folle !

– A la grâce de Dieu...

– Vous ne savez dire que ça ! Allez ! ordonna Silvère. Marchez devant moi. Il se passe des choses pas très belles en ville...

– Où allons-nous ?

– Si je le savais ! Il faut quitter le centre-ville, c'est un piège. Je vais essayer de vous mettre sur la route de Laval. Après... Vous vous débrouillerez. Chacun son camp."

Un spectacle abominable les attendait dehors. Des gens couraient en tous sens, affolés. Des cadavres jonchaient le sol. Le sang avait coulé partout en rigoles, et il fallait marcher dedans... Partout on entendait des cris épouvantables, des coups de fusils. Ils furent suffoqués par une odeur étrange, où se mêlait l'âcreté de la poudre à celle, douceâtre, de la mort...

Dans un coin de rue, une charrette renversée barrait le passage ; le cheval, les pattes fracassées, agonisait.

Lorsqu'ils débouchèrent rue Dorée, ils ne purent retenir un mouvement d'horreur. C'était une rue étroite, et qui tournait presque à angle droit en direction de la rivière : là, des chariots s'étaient renversés, bouchant le passage, et une foule de malheureux s'étaient agglutinés là, s'écrasant les uns les autres. C'était un immonde entassement de cadavres mutilés, hommes et bêtes confondus, au milieu des bagages renversés, des voitures fracassées. Des Hussards fouillaient les décombres, sabrant tout ce qui vivait encore. Trop occupés à leur macabre besogne, ils ne les aperçurent pas. Il ne fallait pas songer à franchir le pont Perrin, jonché des restes des terribles combats de la veille ; d'ailleurs, on y entendait le bruit d'une fusillade. Il fallait faire demi-tour. Il ne restait donc plus que le pont du Pré, qui donnait ensuite dans les ruelles du faubourg. Un quartier que Silvère connaissait bien, pour l'avoir parcouru avec ses amis sans-culottes. Quartier de fileuses et de tisserands, où il ne ferait pas bon traîner.

Il fallut refaire le chemin en sens inverse à travers le Vieux-Mans. En débouchant sur l'escalier de la Poterne, ils se trouvèrent nez à nez avec un petit détachement de gardes.

"Des brigands ! cria leur chef. Au mur, et fusillez-les !

– Halte-là, mon camarade, répliqua Silvère avec autorité. C'est moi qui les ai arrêtés.

– Et où les conduis-tu ?

– A la Maison commune. Ordre du Général Marceau !"

L'autre le regarda un peu surpris, mais le nom du général, et l'assurance de Silvère lui en imposèrent. Il n'osa protester, et les laissa passer.

"– Tu ferais mieux de les emmener aux Jacobins, grommela-t-il ; on en a déjà fusillé un sacré troupeau, de ces brigandines !... Enfin... si tu as des ordres..."

Très pâle, Marie s'était appuyée à un mur, et paraissait sur le point de s'évanouir.

"Ce n'est pas le moment de faiblir ! lui dit Silvère assez rudement. Vous n'êtes pas au bout de vos peines !

– Pourquoi faites-vous cela ? demanda-t-elle.

– Je suis un Républicain, répondit Silvère, et un soldat. Pas un massacreur. Si je vous laisse ici, je ne vous donne pas un quart d'heure pour être prise et tuée.

– Je croyais que vous étiez marchand ?

– Mon père l'était. Vous étiez dans sa maison."

Le pont du pré était libre ; encombré lui aussi de bagages abandonnés, mais du moins personne n'était en vue. Un carrosse armorié gisait au bout du pont ; un essieu cassé : ses occupants avaient dû l'abandonner.

Marie ne disait rien, mais Silvère devinait son angoisse. Les chances que son frère ait pu échapper à la nasse étaient en réalité bien minces !

La rue du Faubourg du Pré et celle du Grenouillet étaient à peu près dégagées. Çà et là gisaient encore des cadavres ; ils durent à plusieurs reprises se cacher dans des maisons – dont certaines avaient brûlé – pour échapper à des patrouilles, mais le danger, ici, semblait moins pressant.

Ils parvinrent sans encombre à la sortie de la ville ; ils marchèrent quelques temps à travers champs, évitant la grande route, trop risquée. Marie paraissait épuisée, mais ne se plaignait pas. Enfin, ils purent se reposer un instant dans une grange abandonnée.

Tandis que Marie, à bout de forces, somnolait, Silvère s'efforçait de réfléchir.

La sagesse, la raison, lui commandaient de laisser la jeune fille se débrouiller seule, et rejoindre, si elle le pouvait, l'armée royale qui devait se trouver non loin de là, sur la route de Laval. Après tout, c'était une ennemie, quelle que soit la pitié que pouvait inspirer son sort. Il avait fait ce qu'il avait pu pour elle ; à présent, sa place était au Mans, auprès des Républicains... Les Autorités avaient déjà d– revenir, ou ne tarderaient pas. Il faudrait nettoyer la ville, enterrer les morts, régler l'éternel problème des subsistances, rendu plus aigu par le séjour des Vendéens, et la nécessité, à présent, de nourrir les armées patriotes. Oui, tout cela était vrai. Mais justement, Marie resterait seule. Seule, c'est à dire à la merci du premier détachement républicain qui passerait, du premier paysan qui la dénoncerait, sans parler des bandits de grand chemin qui infestaient les campagnes, et profitaient de la guerre pour se livrer à la rapine et à l'assassinat. En un mot, s'il faisait cela, ses chances de survie étaient proches du néant. Et puis, un profond malaise l'agitait. Ces scènes auxquelles il avait assisté, ce déchaînement de haine , de violence, ces femmes, ces enfants sans défense et massacrés comme à la boucherie, cette incroyable barbarie... Il ne pouvait ni les comprendre, ni les admettre. Il ne se reconnaissait pas là-dedans, et le divorce entre l'idéal d'égalité, de fraternité, d'humanisme auquel il avait consacré sa vie, et les crimes qu'il avait vu commettre le mettait hors de lui-même. Il avait l'impression qu'une masse énorme lui était tombée sur la tête.

"Il y a de quoi devenir fou ! songeait-il. Que nous est-il arrivé ? Pourquoi une chose pareille ? Qu'on tue des soldats dans la bataille, c'est normal, mais comme ça... Des vieillards, des enfants, des femmes... Sans qu'aucun danger le justifie...

Et dire qu'EUX, les brigands, n'ont pas massacré après leur victoire !... Ils ont pris tout ce qu'ils pouvaient, mais à part cela... Et c'est NOUS, les républicains, les hommes libres, les humanistes, NOUS qui avions le droit, la justice pour nous, qui faisons une chose pareille... C'est à n'y rien comprendre !"

Retourner au Mans, revoir ses camarades participer à l'hallali, cette pensée le glaçait. Il comprit qu'il n'avait pas réellement d'autre choix que de la suivre et de la protéger, jusqu'à ce qu'elle ait rejoint les siens.

"Ah ! bah ! se dit-il. On verra bien ce que le destin me réserve..."

 

FIN DE LA DEUXIEME PARTIE.

Le Mans, août 1996.

 

 

NOTES :

  1. début du mois de décembre.

  2. Pour tous les détails concernant la bataille du Mans, sauf indication contraire, je me suis référée au beau livre d'André Levy, Les Batailles du Mans, paru en 1993 aux éditions Bordessoules

  3. . lundi 9 décembre 1793.

  1. Il s'agit du tisserand Renvoizé. Op. Cit. Page 37.

 

 

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