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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 14:54

Marseille, notre ville tant aimée...

Longtemps nous avons accepté, plus ou moins bien, ses énormes défauts, au nom de son histoire, de sa beauté, de son antiquité. Pour son vieux port, un des plus beaux paysages urbains du monde - mais un abominable piège à touristes, où les restaus vendent au prix du caviar une bouffe industrielle et médiocre. Pour sa corniche, magnifique. Pour le Mucem et la villa Méditerranée, pour la Vieille Charité (mais les chats Villepin et Ségolène ont disparu).

Pour sa plage des Catalans, petite et familiale, avant que des bandes sauvages n'y agressent un couple avec un bébé, puis un policier venu à leur secours.

Pour ses quartiers populaires, son 3ème arrondissement où nous nous sommes faits des amis très chers... mais depuis que l'année 2013, qui a fait de Marseille une capitale de la culture,, s'est achevée, la ville est retournée à ses vieux démons. Les poubelles débordent, les déchets se répandent dans les quartiers... Les voitures se garent n'importe où, n'importe comment ; des jeunes désoeuvrés et sans scrupules attaquent même les vieillards et les femmes pour leur arracher leur sac ou leurs bijoux...

Marseille redevient aujourd'hui une ville insalubre, peu sûre, sale, dépourvue de charme.

Une ville où l'on n'a plus de plaisir à vivre.

Et pourtant, que d'atouts dans cette ville ! Un site admirable, un patrimoine immobilier de qualité... Si seulement chacun pouvait s'entendre pour une reconquête systématique, regagner les quartiers îlot par îlot, rénover, nettoyer, sécuriser... Recréer de jolies places provençales avec des fontaines, piétonniser les rues commerçantes, créer partout de vastes parkings surveillés et fermés, et combattre rigoureusement le stationnement anarchique... et surtout, surtout, en finir avec cette petite délinquance qui pourrit la vie et fait monter le racisme et l'intolérance...

Marseille ne peut s'en sortir seule. Surtout si les mairies de quartier se battent contre la mairie centrale, qui s'oppose à la Métropole, qui met des bâtons dans les roues au département, et ce dernier à la région...

Est-ce une utopie d'imaginer que tous se mettent enfin d'accord pour investir massivement dans les quartiers à l'abandon... ? Même les écoles, ici, ressemblent à des poubelles, et il faut une mobilisation médiatisée des parents pour que l'on envisage, et encore ! de réparer les toilettes pour les enfants...

Ah ! si seulement, aussi, Marseille ne ratait pas systématiquement tous les coches de la modernité...

Pour nous, conscients de notre impuissance, et du peu de temps qui nous reste, nous avons décidé de partir. Avec regrets, certes. Ce fut une belle aventure. Mais nous aspirons à une vie plus calme, plus simple... Une vie, simplement, normale.

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 15:15

Sombre dimanche est une belle découverte.

3ème roman d'une jeune femme de 26 ans, il met en scène trois générations de Hongrois, coincés dans une petite maison au milieu des rails, à la gare de Budapest.

Imre Mandy, le grand-père, alcoolique et violent, anti-stalinien obsessionnel, a eu la jambe brisée lors de la Révolution de 1956 ; sa femme, Sara, mère d'un petit garçon à la suite d'un viol, se suicide à 35 ans d'une manière aussi grotesque qu'atroce, en s'étouffant avec un poireau.

Pal, le "petit Russe", vivra sa vie de mal-aimé auprès de son épouse, qui elle-même mourra écrasée par un train.

Imre, le petit-fils et narrateur, tentera en vain d'échapper à son destin, comme Agi, sa grande soeur ; mais celle-ci reviendra s'enfermer dans la petite maison après un avortement qui a mal tourné. Et Imre, adolescent mal intégré, puis jeune adulte raté, ne connaît que l'échec : la femme aimée, l'Allemande Kerstin, finira par le quitter, emmenant avec elle leur petite fille...

Au travers de ces personnages, immobiles et résignés, défilent trente années de l'histoire de la Hongrie. De la révolution manquée de 1956 à la chute du communisme en 1989, jamais le pays ne semble vraiment choisir son destin ; il subit, comme les Mandy, toujours plus pauvre et plus désespéré...

C'est un beau livre, mélancolique et poétique, teinté parfois d'un humour grinçant ; et nous découvrons de l'intérieur cette Europe centrale meurtrie, que nous connaissons si peu...

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 16:43

Les fouilles préventives qui ont lieu ces dernières semaines au pied de la cathédrale du Mans, place du Jet d'eau, ont permis de découvrir les fondations de quelques maisons du XIVème siècle, et surtout une rue, bien conservée, dont on ne connaissait nullement l'existence auparavant !

En ôtant les pavés, les archéologues ont découvert... une seconde rue, du XIIIème siècles cette fois-ci !

Ces découvertes sont suscité l'intérêt passionné des Manceaux, qui ont retrouvé une partie de leur passé oublié... Oui, le Mans a dû être une cité importante, bien avant la Cité Plantagenêt !...

Hélas, après avoir pris des relevés, des notes, et démonté les pavés pour les étudier, les chercheurs de l'INRAP ont décidé de tout recouvrir, et de ne laisser aucune trace apparente.

Il eut été si simple, pourtant, de conserver ce bout de rue au milieu de la nouvelle place ! Cela n'eut gêné en rien ni le marché, ni la circulation des piétons ; et nous aurions eu l'émotion de mettre nos pas dans ceux de nos ancêtres... Un panneau explicatif aurait pu alors donner une image plus parlante de ce quartier oublié...

Pourquoi ne pas répondre à ce souhait des Manceaux, qui n'a rien d'exorbitant ?

Un petit effort, Monsieur le Maire...

Une rue du XIVème siècle au pied de la cathédrale du Mans
Une rue du XIVème siècle au pied de la cathédrale du Mans
Une rue du XIVème siècle au pied de la cathédrale du Mans
Une rue du XIVème siècle au pied de la cathédrale du Mans
Une rue du XIVème siècle au pied de la cathédrale du Mans
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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 17:07

                         Le nouveau livre qu'Yves Mazagre devait publier aux éditions Losfeld n'est ni un recueil de poésie, ni un roman : plutôt une chronique, ou un journal, qui parcourt quatre mois – de septembre à décembre – de l'année 1959 : une année charnière pour l'auteur, alors âgé de trente ans (trente-deux en réalité ; mais il avoue lui-même cette petite tricherie, qu'on lui pardonnera...) et tout jeune médecin généraliste ; et surtout pour le monde, qui peine à digérer le « rapport Khrouchtchev » et se déchire dans la guerre d'Algérie.

                              Mais il semblerait que son éditeur lui fasse défaut....

C'est une chronique douce-amère, qui suit au jour le jour la vie d'un homme de gauche, dans une ville de province alors marquée à droite ; nous suivons avec émotion le fil des événements, entremêlés à la vie quotidienne d'un couple et de ses deux petites filles, et les blessures d'enfance qui resurgissent parfois avec la figure calamiteuse d'une mère obèse, aigrie et peu aimante...

La vie quotidienne s'entremêle à la grande histoire, et l'inquiétude pour une jeune amie malade, l'émerveillement de voir les enfants grandir, l'agacement d'un métier moins attrayant que prévu sont vécus comme un contrepoint aux menaces qui pèsent sur le monde.

J'avais un an seulement en 1959 ; petite fille unique d'un couple déjà vieillissant, je vivais dans une bulle magique qui m'épargnait tous les tourments. Ce n'est que beaucoup plus tard, en étudiant l'histoire, que je me suis rendue compte combien ce temps merveilleux de ma petite enfance avait été un moment tragique, angoissant, entre une effroyable guerre coloniale où l'on pratiquait la torture à tour de bras, la guerre froide et les prémisses de la « Crise de Cuba », et la menace nucléaire, de plus en plus présente... De tout cela je n'ai rien vu, rien senti. À cette époque, nous n'avions même pas un transistor !...

1959 : 54 ans déjà. Un temps infime au regard de l'Histoire, et pourtant un abîme immense ! Au point que tantôt les mots d'Yves Mazagre sonnent avec la plus grande familiarité (c'est bien de nous que l'on parle), tantôt ils frappent par une étonnante étrangeté.

Il nous parle ainsi de la menace nucléaire. À cette époque, les essais se déroulaient encore à l'air libre, et contaminaient joyeusement toutes les régions alentours. Et la France, qui espérait encore conserver l'Algérie, envisageait de les pratiquer en plein Sahara... Nous assistons « en direct » aux premières luttes du mouvement pacifiste, dont j'ai pu voir les derniers éclats dans les années quatre-vingt-dix. Yves Mazagre lui-même (ou plutôt Henry Lelièvre) préparait une conférence sur les dangers de la prolifération nucléaire, tant civile que militaire, mesurable aux taux de radiation dans le lait en poudre distribué aux enfants...

Le danger, alors, semblait imminent et monstrueux. La mort de l'Humanité se profilait au bout du chemin, et les signaux d'alarme se multipliaient ; un grand mouvement populaire se dessinait, dans de nombreux pays, pour le désarmement nucléaire...

Tout cela aujourd'hui semble bien lointain et dépassé. Et pourtant ! Les pires craintes de l'époque se sont révélées justifiées ; même les essais souterrains de Mururoa ont montré leur nocivité sur l'environnement et les populations, au point que désormais, plus personne n'ose officiellement s'y risquer. Quant au nucléaire civil, les catastrophes de Long Island, Tchernobyl et Fukushima ont amplement démontré la dangerosité de cette énergie...

Et pourtant, les indignations et les angoisses des années 50-60 semblent presque exotiques ; tout se passe comme si, au fil des années, la menace nucléaire était perçue comme une sorte de fatalité à laquelle on ne peut rien. Le mouvement populaire s'est comme étiolé ; seuls les écologistes (2 à 5 % du corps électoral en France) en sont maintenant porteurs... Le désarmement lui-même n'est plus un sujet d'actualité ; la chute de l'URSS, le surgissement de nouvelles menaces terroristes ont fait oublié le rêve d'un monde sans armes ; et pourtant, lorsque j'avais moi-même trente ans, avec quel enthousiasme accueillait-on l'annonce d'une destruction de Pershing et de SS20 !...

Le monde que décrit Yves Mazagre était à son image : encore déchiré par un passé douloureux – la guerre, et pour lui le souvenir crispant des blessures d'enfance – mais jeune, enthousiaste, combatif, porté par un idéal qui semblait à portée de mains.

Et le monde que nous vivons a vieilli ; il a perdu non seulement ses illusions, mais surtout sa volonté de « changer la vie », sa capacité à s'émerveiller de ses propres réalisations (et nous mesurons combien la médecine, par exemple, a progressé!), et tout simplement son appétit de vivre...

En ce sens, cette petite chronique nous invite à retrouver l'énergie de nos trente ans.

Et il serait dommage qu'il ne trouvât pas d'éditeur...

 
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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 19:34

Nous connaissions, en Jean-Michel Delacomptée, le spécialiste des portraits littéraires des XVIème et XVIIème siècle ; nous ignorions en revanche, ou à peu près, le romancier.

La Vie de bureau (2006) est une bonne surprise.

Un homme, presque sexagénaire, occupe au fond d'une cour un emploi de bureau des plus modestes - on dirait presque qu'il est "placardisé" ; en tous cas, il vit en marge de la grande entreprise, moderne et conquérante, qui jouxte le vieux bâtiment où il est confiné. Il attend la retraite, paisiblement, obsédé par une croisade un peu pathétique contre le bruit (tous les bruits, du sifflotement compulsif d'un voisin au marteau-piqueur, de la télévision au fond sonore des magasins...)

Un jour débarque dans son entreprise une jeune et séduisante stagiaire américaine, Gloria, pour qui "le bruit c'est la vie" ; elle représente son exact contraire, ambitieuse, pragmatique, pleine de vie. Dès lors, il sera obsédé par son second désir : le baiser. Seulement (mais c'est beaucoup !) le baiser.

S'ensuivra une relation épistolaire, une brève histoire d'amour qui s'achèvera, en effet, par un baiser...

Ce Narrateur sexagénaire nous séduit, nous attendrit ; nous suivons avec plaisir ce récit à la première personne, et les émois de ce presque vieil homme, bousculé dans ses habitudes...

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 13:17
"Le grand Cœur" de Jean-Christophe Rufin

Nous connaissions déjà la passion de Jean-Christophe Rufin pour l'histoire : nous nous étions passionnés pour Rouge Brésil, qui revisitait le récit de Jean de Léry et la fondation de Rio de Janeiro au XVIème siècle....

C'est avec le même plaisir que nous suivons le récit à la première personne de Jacques Cœur, fils d'un fourreur devenu grand Argentier de Charles VII, avant de connaître la disgrâce, puis de mourir pourchassé par ses ennemis, mais libre, à Chio, en Grèce...

Entre temps, cet homme visionnaire a assisté à la fin d'un monde, celui du Moyen-Âge, de la Chevalerie, définitivement mise à mort à la bataille d'Azincourt, qui vit triompher l'armée moderne d'Henry V d'Angleterre, et à la naissance d'un nouveau, fondé lui sur l'échange des hommes, des marchandises et de l'argent...

Le palais qu'il fit construire à Bourges, bi-face, symbolise à merveille son histoire : d'un côté, une forteresse médiévale, choisie par sa femme Macé ; de l'autre, un palais à l'Italienne, souvenir de voyages à Florence ou à Rome...

Mais l'autre symbole de ce caractère double de cet étrange XVème siècle finissant, c'est le Roi Charles VII lui-même, héritier de la Chevalerie et prisonnier des Princes durant ses premières années, mais qui sut à la fois se construire une armée moderne, et favoriser les entreprises de Jacques Cœur et les échanges... Même après son procès, il continua à négocier en sous-main avec les associés de son ancien argentier !

Jean-Christophe Rufin est un grand raconteur d'histoire ; ses livres, à chaque fois, me séduisent et m'enrichissent : c'est de l'érudition infiniment VIVANTE !

La façade Renaissance

La façade Renaissance

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 20:04

Sorti le 18 septembre 2013, le dernier film d'Emmanuelle Bercot met en scène Catherine Deneuve, dans le rôle de Betty, une femme d'une soixantaine d'années (bien tassées), aux prises avec l'échec de sa vie : veuve, elle vit de pénibles déboires financiers dans le restaurant qu'elle tient dans le Morbihan, est abandonnée de son amant, et s'est éloignée de sa fille et de son petit-fils, qu'elle connaît à peine. Et par dessus le marché, elle subit les commentaires d'une vielle maman particulièrement agaçante.

Un jour, elle part en voiture chercher des cigarettes... et elle ne revient pas. Elle se lance alors dans un périple sans trop de sens, rencontre un inénarrable vieux paysan qui lui roule une cigarette, vient chercher son petit -fils (un insupportable Charlie de 11 ans), manque sa fille, se retrouve hébergée chez le grand-père paternel de celui-ci, en pleine débâcle électorale...

L'ensemble ne manque pas de charme ; les paysages sont beaux, Catherine Deneuve, toujours émouvante dans sa maladresse... Un film "à la française", bien ficelé, mais sans grand génie. Le récit se déroule de manière linéaire, sans laisser grand-chose dans l'ombre ; et les clichés s'égrènent gentiment : le vieux paysan solitaire, le vigile Noir accueillant, la fille hystérique, le gamin infect, le bourru qui se révèle plein de coeur... Disons que cela se laisse voir, un dimanche après-midi pluvieux.

"Elle s'en va" d'Emmanuelle Bercot (2013)
"Elle s'en va" d'Emmanuelle Bercot (2013)
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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 15:39
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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 14:31

Encore un fait divers qui va ameuter les adversaires du "mariage pour tous".

Un couple de lesbiennes avait fait appel, pour avoir un enfant, à un homme, leur meilleur ami, afin qu'il donne son sperme. Un enfant est né, un fils (une petite voix insistante m'interroge : la même histoire aurait-elle eu lieu s'il s'était agi d'une fille ?...).

Si tout s'était déroulé comme convenu, le géniteur devait s'effacer, et la compagne de la mère biologique, devenue son épouse, aurait adopté l'enfant.

Mais voilà que soudain - voix du sang ? Désir de paternité ?  - le père s'est ravisé, a reconnu l'enfant, et réclame des droits sur lui.

En conséquence, la compagne de la mère redevient une parfaite étrangère pour l'enfant qu'elle a voulu, et que peut-être elle va élever pendant dix-huit ans. Elle ne pourra plus ni lui donner son nom, ni en faire son héritier, ni obtenir sa garde si sa compagne décède, ni exercer une autorité parentale : impossible, par exemple, de prendre une décision essentielle pour la santé ou la scolarité de l'enfant.

Tout au plus aura-t-elle droit à une adoption simple... si le père y consent.

J'entends d'ici les tenants des fameux "droits de l'enfant" : mais voilà un petit garçon qui risque bien, en cas de divorce, ou de décès de sa mère biologique, de se voir privé du droit le plus élémentaire : celui de conserver celui des deux parents survivants... Car enfin si cet homme, qu'il aura vu, dans le meilleur des cas, un week-end sur deux et la moitié des vacances, le décide, il aura le droit de lui interdire de revoir sa deuxième mère, qui l'aura élevé, et qu'il aura aimée pendant toutes ces années... Il se retrouvera donc doublement orphelin !

On me dira que c'est la situation des couples recomposés. Si le divorce intervient très tôt, dans les premiers mois ou les premières années de la vie de l'enfant, le beau-parent devient forcément, aux yeux de l'enfant, son vrai père ou sa vraie mère. Et il n'a toujours aucun droit...

 

Il ne s'agit pas de priver de tout droit le père biologique. Après tout, cet homme a peut-être voulu, très sincèrement, devenir père, et c'est tout à son honneur.

Mais la loi devrait évoluer, et prévoir qu'à la tragédie d'une mort ou d'un divorce ne vienne s'ajouter le drame d'une séparation entre un enfant et celui ou celle avec qui, au fil des années, il a tissé des liens affectifs profonds et indestructibles.

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 15:24
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