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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 20:16

Comme tout le monde, j'ai été sidérée d'apprendre l'arrestation de DSK, pour une sordide, et surtout stupide affaire de moeurs.

Je ne veux pas me prononcer sur la réalité des faits qui lui sont reprochés - je n'y étais pas - mais simplement me livrer à quelques réflexions sur le droit, la justice, les médias...

  1. Les médias américains ont-ils tort de montrer DSK menotté, mal rasé, hagard ? "Mise à mort médiatique", a dit M. Badinter, à juste titre. Et pourtant... Cela ne finira-t-il pas par se retourner en faveur de l'accusé, et contre sa victime ? Car enfin, quelles images voyons-nous en boucle depuis près d'une semaine ? Celle d'un homme épuisé, abattu, humilié par des policiers, traqué par des armées de caméras... Le résultat le plus probant, c'est qu'il y a dans cette affaire une victime évidente, proche, familière, avec qui l'on ne peut qu'éprouver de l'empathie : le prisonnier. Et une autre victime, vraie ou fausse, mais dont on ne connaît ni le nom, ni le visage, ni la voix ; dont les accusations, abstraites, ne sont dévoilées que par le personnage le plus antipathique qui soit : un procureur. Une victime abstraite, en somme... Et il faut vraiment faire un effort, se souvenir de ses principes féministes, pour considérer que c'est elle qu'il faut plaindre !...
  2. Une jeune femme de toutes façons victime... Qu'elle ait été réellement violée, qu'elle ait affabulé, ou qu'elle ait été poussée (par quel chantage ?) ) à participer à un complot, on ne peut que trembler pour elle. Pour le moment, certes, la parole a été à l'accusation, dans ce système accusatoire américain qui nous semble, à nous Français, si étrange. Mais que se passera-t-il, quand ce sera au tour de la défense, deux redoutables avocats, de sortir ses armes ? Quand sa vie privée, son passé, son état de santé, ses finances seront décortiqués, étalés sur la place publique ? Quand les pires rumeurs circuleront sur son compte ? Ne laisse-t-on pas entendre, déjà, qu'elle est séro-positive, voire sidéenne ? Que pourra-t-elle opposer à cela ? Finira-t-elle par craquer, par accepter de se déjuger moyennant finance, ou pour échapper aux pressions ? Se relèvera-t-elle de cette violence ?
  3. Un système inégalitaire, qui ne laisse aucune chance aux faibles. Si l'on comprend bien, le procureur, aux USA, instruit uniquement à charge ; c'est aux avocats de la défense d'enquêter à décharge. Ils utilisent pour cela les services - excellents, mais très chers - de détectives privés aux méthodes redoutables. On comprend immédiatement qu'un pauvre, accusé, n'a aucune chance d'échapper à une condamnation, qu'il soit coupable ou non : comment pourrait-il se payer un ténor du barreau ? Comment pourrait-il rémunérer un détective privé ? Inversement, quand le pauvre se fait accusateur, comme c'est le cas ici, comment pourrait-il résister au rouleau compresseur d'une défense dont toute la stratégie consistera moins à établir la vérité qu'à renverser un rapport de force, à détruire un adversaire ?
  4. Cela prouve à l'évidence qu'un "système à l'américaine" serait catastrophique pour la justice. C'était pourtant vers ce à quoi tendrait la réforme de la justice, la suppression du juge d'instruction - qui instruit, lui, à charge et à décharge - l'instauration de jurys populaires un peu partout, sur le modèle du "grand jury" américain... Nous voyons ici clairement les limites d'un tel système. Il faut une justice impartiale, et surtout égalitaire !
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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 20:45

Qui a dit : "« Des têtes de pions, collets crasseux, cheveux luisants, les toqués, les éleveurs d'escargots, les sauveurs du peuple, les déclassés, les tristes, les traînards, les incapables ; pourquoi les ouvriers se sont-ils mêlés de politique ? »

Et encore : « Nous ne dirons rien de leurs femelles par respect pour les femmes, à qui elles ressemblent quand elles sont mortes. »

et, pour finir : « On les abat à la mitrailleuse. Quand j'ai entendu le coup de grâce, ça m'a soulagé. »

Kadhafi vociférant contre son peuple ? Bechar Al Assad préparant l'hallali, à Daraa ?

Pas du tout, vous n'y êtes pas... Il s'agit respectivement de : 1) Alphonse Daudet, 2) Alexandre Dumas fils, 3) Edmond de Goncourt.

Et le sujet de leur ire, ce n'est pas le Printemps arabe, mais la Commune de Paris, autre printemps, écrasé dans le sang il y a exactement 140 ans, aux applaudissements de toute la bourgeoisie de l'époque...

Il est amusant de voir aujourd'hui les descendants de Monsieur Thiers, et des sus-nommés, accueillir avec ferveur les révolutions arabes. C'est beau, un peuple qui se libère... quand ce n'est pas le vôtre...

Mais il est vrai qu'ils rejetteraient bien les réfugiés tunisiens à la mer ! Tout de même, on ne se refait pas...


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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 11:21
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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 15:44

Soirée théâtre samedi soir : Le Souper de Jean-Claude Brisville, dans la belle collégiale Saint-Pierre-La-Cour du Mans, joué par la troupe de l'Acthalia.

Cette pièce, jouée ici avec beaucoup d'honnêteté et d'allant, se situe en 1815, peu après Waterloo : Talleyrand et Fouché, deux monstres politiques qui ont survécu à tous les régimes, cherchent à préserver leur vie et leur parcours politique ; pour cela, Fouché doit se résoudre à faire allégeance à Louis XVIII, frère de Louis XVI, qui revient d'exil dans les fourgons de l'ennemi...

Le dialogue est vif, percutant, entre ces deux animaux politiques, qui rivalisent de cynisme. Chacun d'eux tient l'autre par ce qu'il sait sur lui ; chacun d'eux a commis des exactions... l'un a fait tirer au canon sur des prisonniers, l'autre a fait délibérément assassiner le duc d'Enghien...

Le souper se déroule dans une ambiance lourde - la foule manifeste sous les fenêtres, l'orage gronde - et en même temps spirituelle. Les deux hommes sont aussi des épicuriens, qui apprécient autant les bons mots que les bons mets.

Et nous, les spectateurs ? Nous, nous assistons à une véritable tranche d'histoire en direct, comme si nous étions devant notre télévision ; ce n'est certes pas un théâtre révolutionnaire (même s'il manifeste quelque sympathie pour la Révolution défunte), ni surtout novateur ; la langue est parfaitement classique, transparente ; les personnages sont campés avec le réalisme le plus parfait. Talleyrand souffre parfois de son pied-bot, Fouché est gourmand et plutôt mal élevé... Mise en scène, décor, costumes, tout est mis en œuvre pour nous donner cette illusion de réel.

En bon élève d'Aristote, Brisville cultive avant tout la mimesis : c'est de la représentation la plus fidèle possible du réel que doivent naître le sentiment, puis la réflexion. Et de fait, ces deux monstres presque sympathiques, mais qui font froid dans le dos, ne sont pas sans évoquer des situations bien réelles et contemporaines... Le cynisme et la trahison sont de tous les temps.

Il y a presque dans ce théâtre un côté reposant : l'histoire est connue, on en sait la fin, on se livre sans vergogne au plaisir de la reconnaissance (Talleyrand et sa boîterie, Fouché le régicide, sans oublier la voix off de Chateaubriand, à la fin...) et l'on apprécie les bons mots et les petites vacheries de ces messieurs.

A la fin, l'on aura médité, un peu, sur la politique, et fort peu sur l'art du théâtre...

Ah ! et puis, j'oubliais : bientôt, au mois de mai, l'Acthalia enchaîne avec l'Antichambre, au Caveau 105 : encore un dialogue bien cynique entre Julie de L'espinasse, une jeune ambitieuse, et sa protectrice devenue sa rivale, Mme du Deffand...

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 16:25

Vu hier ou avant-hier à la télé : il serait impossible, sur son propre terrain, de vivre dans un habitat dit "alternatif" : une yourte, une caravane, un teepee...

Comment cela ?? Sur son propre terrain ???

Mais oui, des gens qui ne demandent rien à personne, qui ne dérangent quiconque, qui s'efforcent de peser le moins possible sur le bilan CO2 de la planète, sont menacés d'expulsion, parce que leur "habitation" n'est pas une maison traditionnelle !!!

Mais qu'est-ce qu'une maison traditionnelle ? Et jusqu'où s'arrêtera la manie de légiférer, la manie d'interdire ? Faudra-t-il bientôt des volets bleus, ou verts, et de tel vert précis, ni plus ni moins foncé, et des haies de telle dimension, pas davantage, et gare au rouge-gorge qui viendrait s'y poser...

J'avais toujours cru que ma liberté s'arrêtait lorsqu'elle piétinait celle des autres. On en est loin.

Et pas seulement dans l'habitat. Une gamine a été renvoyée de l'école parce que sa jupe était trop longue, une autre parce que ses talons étaient trop hauts. Un de ces jours, un garde-chiourme surveillera les entrées des collèges et lycées, mesurant au double-décimètre les cheveux des garçons et les ourlets des filles. Pour les gars, deux millimètres de poil, et bien dégagé sur les oreilles ! Pour les filles, 2,75 cm au-dessus du genou, ni plus ni moins, et 1,785 cm de talon !...

L'on va bientôt traquer les clients des prostituées dans la rues ; un jour on le fera à domicile. Un pandore viendra frapper chez vous, et vérifier que la dame qui dort dans votre lit est bien votre épouse légitime ; faute de quoi l'on épluchera les comptes de l'un ou de l'autre, au cas où vous lui auriez glissé un petit billet... Offrir une bague ou un bouquet à sa copine sera-t-il bientôt assimilé à un paiement en nature ?...

L'on multiplie les caméras de vidéo-surveillance ; vous êtes suivi à la trace partout où vous allez. Bientôt il vous faudra un permis pour aller dans telle ville où vous n'habitez pas, dans telle rue où vous n'avez rien à faire... Et gare à vous si vous tentez d'échapper à Big Brother : des gens se sont retrouvés en prison, suspectés de terrorisme, pour avoir lu un livre même pas interdit, et refusé téléphone portable et carte bleue...

Vivre, c'est courir des risques. Mais au nom de la sécurité, on vous emprisonne, on vous enserre dans un réseau d'interdits qui rendent la vie irrespirable. Ne pas manger trop salé, trop sucré, trop gras, trop... Ne pas boire, même raisonnablement (la dernière trouvaille : même un consommateur sans excès est coupable de se mettre en danger !). Ne pas faire l'amour sans préservatif, ne pas le faire du tout, d'ailleurs. Ne pas rouler trop vite, ni trop longtemps, ne pas rouler en voiture : cela tue la planète. Ne pas faire de bruit, ne pas écouter trop fort la musique. Ne pas...

Ressembler à tout le monde ; surtout ne pas se distinguer, ni par sa tenue, ni par son mode de vie, ni par la forme de sa maison.

Mais le premier mot de la République n'est-il pas LIBERTÉ, justement ? n'est-ce pas d'abord pour elle que se sont battus les Révolutionnaires de 1789, de toutes les révolutions du 19ème siècle, les résistants de 1939-45 et tant d'autres ? n'est-ce pas d'abord pour elle que les dissidents chinois prennent tous les risques, que les "Chababs" libyens affrontent les chars de Kadhafi, que partout au Maghreb, en Syrie, au Yémen, en Jordanie des hommes et des femmes prennent le risque de la torture et de la mort ?

Et nous, qui l'avons si chèrement conquise, nous la laissons grignoter, par frousse, par frilosité, par veulerie ?

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 15:30

Lorsque disparut, au Mans, "Plurielle",  la librairie de James Tanneau, qui avait été le repère de tous les amoureux de la littérature et de la poésie, qui avait vu passer tant de ventes-signatures et tant de lectures, nous avions cru qu'une certaine conception de la littérature était morte avec lui.

Et puis naquit "L'herbe entre les dalles", nichée rue des Ponts Neufs, entre une crèperie, un bar et le tout nouveau Carrêt Plantagenêt, alias le musée archéologique (lui-même logé dans une ancienne imprimerie : tout un symbole). Nous y retrouvions l'ambiance feutrée, et surtout le bonheur d'y retrouver de petits éditeurs à peu près ignorés des "grandes" librairies, et les auteurs que nous aimons, Prigent et Pennequin, Yves Mazagre et Rémy Froger...

 

Mais voilà : cette littérature peu commerciale ne se vend pas, ou peu. Et puis, "L'herbe entre les dalles" déménagea, oh, pas loin, il suffit de faire le tour du pâté de maisons ; mais elle a quitté le petit nid douillet, entre le musée et la crèperie, où à vrai dire elle étouffait un peu, pour la vaste, et un peu froide, et fort peu commerçante Avenue de Rostov-sur-le-Don.

 

Et c'est pourquoi je reçois aujourd'hui cet appel pathétique d'un ami poète : il faut sauver "L'herbe entre les dalles", avant que l'herbe n'envahissent les dalles, et que les dalles ne deviennent pierres tombales.

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 07:46

Je vous souhaite...

  • Une année plus solidaire, où l'on fasse la fête sans débauche indécente de bouffe et de cadeaux, sitôt offerts, sitôt revendus sur Internet, où l'on ne fasse plus des kilomètres chaque jour tout seul dans sa voiture, où l'on ne jette plus, où l'on ne gaspille plus...
  • Une année plus juste, où le mot "négociation" reprenne tout son sens, où un seul homme ne décide pas qu'il a raison contre la volonté de tous, où l'intérêt général prime enfin sur les intérêts particuliers, où l'on s'attaque enfin aux inégalités, non pour les creuser davantage, mais pour les combler...
  • Une année plus honnête, où un ministre condamné par la justice trouve normal de démissionner, où le mensonge ne soit plus érigé en politique d'État, où les conflits d'intérêt n'aient plus cours...
  • Une année plus tolérante, où les communautarismes et les haines laissent place à la volonté de vivre ensemble, où l'on cesse de dresser les uns contre les autres ceux qui sont également victimes de la crise, et qui feraient beaucoup mieux de s'entre-aider, les immigrés d'hier contre ceux d'avant-hier, les riches d'hier contre les pauvres d'aujourd'hui et les exclus de demain... Où les différences seraient enfin perçues comme une richesse, et non une insupportable agression contre une "identité" aussi pauvre que fantasmatique...
  • Une année plus belle, où la culture ne servirait plus de variable d'ajustement à tous les budgets de crise, où les poètes, les écrivains, les théâtreux, les plasticiens, les musiciens ne seraient plus considérés comme de coûteux parasites, mais des porteurs de l'essentiel, la beauté et l'espoir...
  • Une année plus HUMAINE enfin !...

BONNE ANNÉE A TOUS !

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 18:08
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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 17:49

Monsieur Hortefeux est indigné. Monsieur Hortefeux n'en revient pas.

Comment ? Le tribunal de Bobigny a osé condamner à de la prison ferme des policiers qui avaient accusé à tort un automobiliste d'avoir renversé l'un des leurs ? Quelle horreur, vraiment !

Il est vrai que la victime, accusée à tort, ne risquait que la réclusion criminelle à perpétuité. Une peccadille.

 

Voilà un homme (curieux, d'ailleurs, on n'a jamais vu son visage à la télé, ni celui de ses proches. Pas comme quand un policier se fait descendre, ce qui est d'ailleurs infiniment regrettable. On nous présente alors ses enfants en larmes, ses parents éplorés... Là, rien. On ne saura même pas son nom), un homme, donc, qui n'a rien fait.

 

Et des policiers maladroits, qui ont renversé l'un des leurs avec leur voiture. Ce sont des choses qui arrivent.

 

Et qu'ont fait ces policiers, assermentés, tenus donc, par ce serment, de dire le vrai et le juste, ces policiers censés protéger les citoyens ?

 

Ils ont menti. Ils ont falsifié un procès-verbal. Ils ont délibérément envoyé un innocent en prison.

 

Ils ont fait en sorte qu'un innocent passe le reste de ses jours derrière des barreaux, privé de liberté, hurlant en vain qu'il n'y était pour rien. Sans que personne le croie. Pensez : des policiers !...

 

Ils ont fait en sorte qu'un innocent subisse, pour le reste de ses jours, la promiscuité avec de vrais criminels, la violence, le viol peut-être, le mitard... Pour rien. Et que, comme tant d'autres, il finisse peut-être par se suicider. Pour rien.

 

Ils ont fait en sorte que des parents doivent faire des kilomètres, peut-être, pour voir leur fils au parloir, et assister à son désespoir, à sa descente aux enfers. Pour rien.

 

Ils ont fait en sorte qu'une femme soit brutalement privée de son compagnon, que peut-être des enfants grandissent dans la honte, sans père. Pour rien.

 

Ils ont brisé une vie, des vies, comme ça, par lâcheté, par bêtise.

 

Ce n'est effectivement pas grand-chose. Une faute vénielle, pas même un assassinat. On comprend tout à fait que Monsieur Hortefeux, qui n'a pas eu un mot pour la victime, s'indigne que les coupables soient condamnés. Et qu'il ordonne au parquet de faire appel.

 

Il ferait beau voir, tout de même, que dans notre beau pays, on ne puisse plus envoyer des innocents mourir en prison ! D'ailleurs, qui sait, la victime était peut-être... auvergnate ?

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 10:10

Poème ou récit ? Prose ou versets ? Thérèse, d’Yves Mazagre, paru en 2004 aux éditions de l’Amandier, défie toutes les définitions et se moque des frontières. Plus encore que ses précédents opus, c’est une poésie de l’enchevêtrement…

L’enchevêtrement des temps, tout d’abord : l’on circule en permanence du temps de la Genèse et du Déluge à notre plus immédiate actualité, où Noé rencontre Heidegger et… Francis Heaulme, tueur en série de son état. Et bien sûr Thérèse, qui est de tous les temps.

L’enchevêtrement des mythes, ensuite : deux récits semblent constamment s’entremêler, se répondre : la vie de Thérèse, de sa naissance (et même avant sa naissance, dans l’improbable rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule) à sa vie amoureuse avec Protée, personnage de la mythologie grecque, « né de deux pères et de deux mères » et de ce fait, capable de se métamorphoser en n’importe quel être, et à sa mort ; et le mythe de Noé, toujours présent, constructeur de l’Arche et survivant du Déluge, père de notre humanité et inventeur de la vigne et de l’ivresse.

L’enchevêtrement des identités, enfin : Thérèse, Noé, Protée, un Bonobo plus humain que l’humain tour à tour disent « je » - un je dominé par la magnifique figure de l’Agave, cette plante originaire du Mexique, qui vit cent ans, et ne fleurit qu’au moment de mourir.

Dans une langue magnifique, une phrase ample et sonore, Yves Mazagre parvient à nous faire pénétrer toutes les vies, des plus élémentaires créatures, virus, microbe, amibe jusqu’aux plus sophistiquées ; les monstres marins, les coquillages, les poulpes, les plantes, les animaux – araignées, insectes, vautours, singes, et enfin nous, les humains, trop souvent pitoyables ou odieux… Tout un univers qui grouille de vie, au bord du désastre.

Car un nouveau Déluge menace…

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  • : littérature, réflexion, et aussi ce que j'aime : le Mans, Marseille... et les chats !
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