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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 16:26

Sous les jupes des filles (juin 2014) est le premier film d'Audrey Dana ; il met en scène, pendant 28 jours (le temps d'un cycle menstruel !) 11 femmes...

Voilà donc un film choral, presque un film à sketches, une galerie de portraits incarnés par des stars : Isabelle Adjani en directrice foldingue qui n'accepte pas la ménopause, Laetitia Casta en amoureuse calamiteuse (et avocate surdouée), Vanessa Paradis en cadre supérieure odieuse et solitaire, etc.

Et l'on a droit à tous les clichés de la féminité : la jeune épouse déboussolée qui goûte aux "joies" et aux désillusions de l'homosexualité, avec une lesbienne forcément cynique et forcément volage, la cadre sup' incapable de se faire des copines, la patronne forcément extravagante...

Les hommes en prennent pour leur grade : tous inconsistants, égoïstes, aveugles. Les enfants aussi : tous insupportables, hurleurs, exigeants. Les femmes aussi, toutes frustrées, hystériques...

Il faut reconnaître que certaines scènes sont drôles, certains personnages attachants - comme celui de Sabine Testud, insupportablement paranoïaque, mais curieusement apaisée et sereine dès qu'un vrai danger se présente, le diagnostic brutal d'un cancer du sein. Mais l'ensemble est trop long, trop lourd, trop caricatural, sans vrai scénario, et avec une direction d'acteurs parfois limite...

Un film aimable, en somme, pour une soirée distrayante. Mais qui ne restera pas dans les Annales du cinéma !

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 20:10

J'ai toujours aimé le cinéma de Pedro Almodovar, ce mélange d'humour, de folie, de profondeur et de dérision, ses personnages déjantés et pourtant attachants...

J'espérais donc beaucoup des Amants passagers, qui vient de sortir...

A la suite d'un incident un peu stupide sur l'aéroport de Tolède (où l'on voit apparaître, pour un seul petit plan, l'égérie d'Almodovar, Pénélope Cruz), l'avion pour Mexico se voit contraint de tourner en rond au-dessus de l'Espagne, en l'attente improbable d'une piste pour un atterrissage d'urgence. Qu'on se rassure : il finira par en trouver une, dans un aéroport absolument désert (où l'on devine une de ces opérations frauduleuses où s'est enfoncé l'Espagne... comment ne pas penser à un autre futur aéroport, plus près de chez nous ?) ; et tout finira bien.

Mais en entendant, les pilotes (tous homosexuels  !), les stewards (idem !) et les passager de la classe affaire (les autres dorment, drogués !) vivent un incroyable huis clos, dans l'attente de ce qui peut être leur mort... Une nymphomane encore vierge et qui "sent la mort", un tueur à gage, une mère maquerelle qui s'est offert tout le gratin politique espagnol et autre, un ancien pilote de ligne et actuel homme d'affaire escroc (celui-là même qui s'est enrichi avec l'aéroport fantôme)... Tout ce beau monde s'affronte, se chamaille, et finit par révéler ses secrets, tandis que pilotes et stewards nous jouent une sous-cage aux folles...

Tout cela aurait pu offrir un mélange de gravité et de folie, d'émotion et de rire, dont jusque là Almodovar avait le secret.

Hélas, la mayonnaise ne prend pas ; la sauce demeure affreusement lourdingue, banale, pour ne pas dire éculée... Même l'image est laide !

Almodovar n'est peut-être pas fait pour la comédie, après tout...

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 16:19

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Après la déception de Potiche, nous avions envie de nous changer les idées.

Le très beau film de Bertrand Tavernier, avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Grégoire Leprince-Ringuet, Gaspard Ulliel et Raphaël Personnaz ne nous a pas déçus, au contraire.

La jeune Marie de Mézières, amoureuse depuis son enfance d' Henri de Guise, est contrainte d'épouser le Prince de Montpensier. Bien vite, elle va être aimée par son mari, mais aussi par le duc, par son précepteur, le Comte de Chabannes, un homme plus mûr, en marge des guerres de religion et qui mourra lors de la Saint-Barthélémy, et même par le duc d'Anjou,futur Henri III. Et, ballottée de l'un à l'autre, jalousée, surveillée, trahie, elle apprend ce qu'il en coûte d'être une femme, dans ce XVIème siècle sanglant...

Éprise de liberté, fière, elle devra subir la loi des hommes : mariée de force, enjeu de rivalités qui la dépassent, jamais maîtresse de son destin...

La langue classique est magnifiquement rendue ; les costumes et les décors dessinent une France à la croisée des chemins. Nous assistons aux "enfances" de personnages dont l'histoire ne fait que commencer. Ainsi, le jeune Henri de Guise et le jeune duc d'Anjou sont encore amis, et vaguement rivaux dans le coeur de Marie. Mais le spectateur sait bien que le second fera assassiner le premier...

Il faut aller voir ce film magnifique, et puis relire la Princesse de Montpensier, la nouvelle de Mme de La Fayette...

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 16:09

Vendredi 12 novembre, aux Cinéastes, au Mans : une foule compacte attend avec impatience de voir Potiche, une comédie de François Ozon, avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Judith Godrèche, Karine Viard et Fabrice Lucchini. Nous sommes confiants : Le Monde en a dit grand bien.

Certes, ce n'est pas mal. Catherine Deneuve s'est manifestement beaucoup amusée avec Fabrice Lucchini, lui en patron macho d'une abyssale stupidité, elle en potiche finalement pas si cruche (quoique... sa métamorphose finale en Ségolène...).

Et puis les années 70, le disco, les pulls jacquard ! Et mes vingt ans !...

Cela ne suffit hélas pas à rendre hilarante une comédie quelque peu lourdingue, usée, et pour tout dire banale. Un festival de clichés (et l'anachronisme consistant à faire tenir à cette brute de patron les formules fétiches du sarkozysme commence à nous gonfler sérieusement plus qu'à nous faire rire. On en a vraiment soupé, de celui-là !...), et finalement assez peu d'esprit... L'ami Fabrice nous avait habitués à mieux.

Et puis, franchement... que diable venait faire cette pochade, certes rentable, dans la programmation d'un cinéma d'art et d'essai ???

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 17:15

Acteur dans "Joyeux Noël", Guillaume Canet est aussi le réalisateur de "Ne le dis à personne", dans lequel François Cluzet joue le rôle principal.

Il récidive ici, toujours avec François Cluzet, dans un film tragi-comique de presque 2 h 30, Les Petits Mouchoirs.

 

Au sortir d'une boîte de nuit, Ludo (Jean Dujardin), complètement bourré, se fait renverser en scooter par un camion de livraison ; conscient mais amoché, il se retrouve en soins intensifs. Ses amis défilent auprès de lui, puis décident de partir quand même en vacances, dans la maison de l'un d'eux, Max, en Gironde...

 

Et c'est un festival de petites mesquineries, de rancœurs, d'incompréhensions.

Max, en propriétaire survolté, parvenu odieux et mari soumis jusqu'au ridicule à une femme autoritaire et maniaque, vit très mal l'aveu de son kiné et néanmoins ami, Vincent, (Bruno Magimel), qui se découvre amoureux de lui ; lequel Vincent délaisse sa femme Isabelle... Éric, comédien raté, cache ses déboires amoureux tandis qu'Antoine, adolescent attardé, empoisonne tout le monde avec ses SMS à la femme qui l'a largué, Juliette, et qui finira d'ailleurs par lui revenir. Quant à Marie, ex-petite amie de Ludo, et accessoirement (très accessoirement !) travailleuse humanitaire, elle semble flotter  entre deux mondes, deux attirances sexuelles, deux histoires.

Tout ce petit monde se regarde le nombril, se charrie, s'épie, se dispute, sans trop penser, sinon de loin en loin, à l'ami absent qui finira par mourir tout seul dans son coin.

Un concentré de petite bourgeoisie égoïste et sans idéal ! Seul tranche un peu le régional de l'étape, en gros nounours bougon et le cœur gros comme ça, caricatural à force d'incarner un cliché vivant... Lui non plus, d'ailleurs, n'a pas vraiment une pensée pour Ludo, lui si prompt à faire des leçons aux autres, et qui saura bien faire un aller-retour express jusqu'à Paris... mais seulement quand il sera trop tard !

 

Les petits mouchoirs, c'est un monde qui se délite. L'amour s'effiloche, l'amitié ne résiste ni à l'absence, ni à la découverte de la différence. Et si parfois l'on sourit, on ressort de là un peu amer, un peu mélancolique...

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 20:17

Deux couples se rencontrent : d'un côté Rachel et Frank, elle, (Marina Foïs), blonde, énergique, le type même de la femme d'affaire ; lui, joué par Roschdy Zem, plus simple, plus direct... De l'autre, Téri (Elodie Bouchez), une ancienne championne de gymnastique, et Vincent (Nicolas Duvauchelle)... Ce sont d'abord Rachel et Vincent qui se trouvent ; puis Rachel organise un dîner à quatre.

 

Et les deux couples tombent amoureux l'un de l'autre, s'échangent, se mélangent, inventant au fur et à mesure les règles d'un nouvel art de vivre. Et c'est un moment magique, de liberté, d'invention, de tendresse, qui culmine dans une extraordinaire scène d'amour à quatre dans un sac de farine, dans la maison de campagne prêtée père de Rachel...

 

Mais très vite aussi, l'atmosphère devient plus lourde ; les questions, les méfiances se font plus pressantes ; l'on se gêne, l'on se lasse, l'on voudrait que les autres s'éloignent...

Le quatuor se sépare, presque sans drame. Les couples originels se reforment.

 

Et la nostalgie s'installe, parce que cette parenthèse de liberté, c'est peut-être ce qu'ils ont vécu de plus beau.

 

Ce film-là m'a infiniment plus séduite que les Amours imaginaires ; parce qu'il y a un vrai scénario, avec des personnages qui ont une épaisseur, un vécu, un passé, un métier... alors que ceux de Xavier Dolan semblent flotter dans une adolescence prolongée ; parce qu'ils vont au bout de leur rêve, de leurs expériences, de leurs désirs, alors que les jeunes gens des Amours imaginaires semblaient toujours reculer devant toute forme de réalisation... Mais peut-être est-ce une question de génération ?

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 15:21

La rumeur faisait de ce film, oeuvre de Xavier Dolan, un tout jeune cinéaste de 21 ans, une perle, un miracle, en un mot un chef d'oeuvre. D'ailleurs, il avait été sélectionné pour "un certain regard" à Cannes...

Hélas, trois fois hélas ! Je n'y ai vu qu'une heure trente d'ennui.

Un "couple" d'amis, Marie et Francis, québécois jusqu'au bout des ongles, rencontrent au cours d'une soirée un beau gosse nommé Nicolas, statue d'Apollon animée... et qui, en deux phrases, laisse entendre qu'il n'est pas complètement dénué de cervelle, ce que la suite du scénario ne confirmera d'ailleurs pas.

S'ensuit l'éternelle histoire du trio amoureux... Nicolas va-t-il assister à une pièce de théâtre avec Marie, et Francis fait la gueule ; plaisante-t-il avec Francis, et Marie aussitôt se sent flouée...

Cette situation ultra convenue pourrait donner lieu à une fable charmante ; d'autant que nos trois "héros" ont des mines tout à fait regardables ; mais voilà : notre jeune auteur procède par collage de mini-plans succints, ignorant visiblement la syntaxe ; il intercale des parenthèses où l'on voit des personnages, qui n'ont rien à voir avec l'histoire, et qui racontent en gros plans leurs propres démêlés sentimentaux sur Internet, dont on n'a que faire.

Ajoutons des scènes à la limite du ridicule (Marie s'efforçant de courir dans la forêt en talons aiguilles, ou Nicolas et Francis se régalant de guimauve fondue sur un feu de bois, dans la plus pure tradition boy-scout), et un parler québécois quasi incompréhensible, et l'on a une idée de la lassitude qui prend le spectateur, après, disons, les vingt premières minutes...

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 12:41

The Housemaid est un film coréen, sorti le 15 septembre dernier ; un très beau film, avec Jeon-Do-Yeon, Lee Jung-Jae et Youn Yuh-jung...
Une jeune fille un peu naïve, Euny, est embauchée comme aide-gouvernante dans une riche famille ; au début, tout le monde est charmant avec elle, l'époux - un "maître" plutôt séduisant -, l'épouse, enceinte jusqu'aux yeux de jumeaux, la gouvernante en titre... Puis le maître se glisse dans son lit, et tout dérape : avant même qu'elle ait conscience d'être enceinte, la gouvernante la dénonce à l'épouse et à la diabolique mère de celle-ci. Tout le film racontera les efforts vains et désespérés d'Euny pour sauver son bébé, et se sauver elle-même, dans cette terrifiante famille où tout peut se régler par un gros chèque, mais où l'on ne recule ni devant une tentative de meurtre, ni devant un empoisonnement...

 

Plus que l'oppression, le film semble une illustration cruelle de la "servitude volontaire" selon La Boétie : le personnage troublant de la gouvernante, incapable de choisir entre le camp des maîtres et celui des domestiques, et qui réagira trop tard, en est l'incarnation même ; mais Euny elle aussi, aveugle, incapable de fuir à temps malgré les avertissements...

Tout le monde rivalise ici de cruauté et de servilité : le maître, qui peut-être n'eut pas été hostile à Euny et à son bébé, mais qui se contentera d'une vague protestation verbale contre sa belle-mère et sa femme, coupables d'avoir fait absorber à Euny des substances abortives ; la gouvernante, complice active de la belle-mère, avant de tourner casaque ; la belle-mère et l'épouse, victimes consentantes du pouvoir de l'argent – la mère expliquant à sa fille qu'elle doit bien accepter les infidélités du mari, prix à payer pour une vie confortable et riche...

 

Seule étincelle de pureté dans cet univers oppressant : la fillette du couple, polie et respectueuse, qui s'est réellement attachée à Euny, et assistera, pétrifiée d'horreur, à la scène finale...

 

Si le film nous révèle quelques aspects pittoresques de la société sud-coréenne, à demi occidentalisée (le maître joue Beethoven au piano et semble apprécier les grands crus), là n'est pas l'essentiel : ce qu'il donne à voir, ce sont les ravages du pouvoir et de l'argent sur l'individu et la société. Un thème universel et magnifiquement traité.

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:59
Deux films en un week-end...
Passons sur l'Arnacoeur : une comédie un peu lourdingue, qui ne restera guère dans les annales du cinéma. Mais bon ! Il faut bien se distraire, un dimanche au Mans, quand il pleut... et puis, Romain Duris et Vanessa Paradis sont agréables à regarder...

Bien plus intéressant et troublant : Chloé, d'Etom Egoyan, qui passe en ce moment aux Cinéastes. Une femme d'âge mûr, Catherine (Julianne Moore) sent que son couple vacille : son mari se détache d'elle, s'absente, "sèche" son anniversaire, et probablement la trompe avec de jeunes étudiantes.
Pour en être sûre, elle embauche une escort girl, Chloé (Amanda Seyfried). Celle-ci doit séduire ce grand benêt de mari, et rapporter à l'épouse le compte rendu de leurs ébats.
Ce qu'elle fait ; mais très vite, le trouble s'installe ; Catherine est fascinée par ces récits scabreux, finit par éprouver une attirance pour Chloé... Et celle-ci, qui est-elle ? A-t-elle réellement rencontré le mari, ou ment-elle pour séduire la femme ? et, son "contrat" fini, partira-t-elle ainsi ?
Le film, par certains côtés, est très américain, en particulier par la description quasi caricaturale de la vie de ces bourgeois aisés (elle est gynécologue, lui professeur d'université, ils vivent dans une très belle maison...) ; en même temps, il peint de manière originale les sentiments et les désirs féminins, dans ces périodes de doute, quand la vie semble piétiner sur elle-même, quand tout s'effiloche...
Un bon film, en somme. A voir.
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 20:10
149446 101Il paraît que c'est un nouveau concept : le "biopic", un film tiré d'une biographie. En réalité, partir de personnages réels pour créer de la fiction, c'est vieux comme la littérature...
Cependant, si certains ne nous épargnent rien des heurs et malheurs, des errances et erreurs de leurs héros, au point de tomber dans l'exposé didactique un tantinet pesant, voilà un reproche que ne mérite en aucun cas le superbe film de Joann Sfar, auteur de BD cultes (Le Chat du rabbin)...
Outre l'extraordinaire jeu des acteurs (Laetitia Casta en Bardot, Lucie Gordon en Jane Birkin, et surtout  Eric Elmosnino en Gainsbourg), j'ai aimé le parti pris imaginaire, quasi onirique : les "doubles" de Gainsbourg, d'abord une énorme caricature qui prend vie, puis l'immense et maigre "Gainsbarre", marionnette humaine au nez démesuré, aux mains crochues, dispensatrice de bons et de mauvais conseils...
Il y a de la poésie, de la fraîcheur, de la tendresse... Pas un instant cette "vie héroïque" ne pèse, ni ne lasse !
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