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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 16:40

Nous avons assisté à la renaissance d'unth théâtre (voir article précédent) ; mais un théâtre n'existe que par les pièces qu'on y joue...

Et justement, nous avons assisté jeudi 15 mai, dans la grande salle, à la toute première pièce jouée dans ce nouvel espace :

Ali Baba, adapté en français par le palestinien Elias Sanbar, et monté par la metteuse en scène Macha Makeïeff, co-fondatrice des Deschiens, et actuellement directrice de la Criée de Marseille...

Ce fut un beau spectacle, mêlant l'Orient traditionnel des Mille et Une Nuits à des images du Marseille d'aujourd'hui (le port de la Joliette, les hordes de touristes se faisant prendre au bonneteau...), la vidéo, la musique, la danse et l'acrobatie - une mention particulière pour les trois brigands, extraordinaires sauteurs...

L'on a ri, l'on a souri, l'on a aimé cette fable toute simple sur le pouvoir de l'argent, et la naïveté du pauvre Ali Baba, qui, tel le cordonnier de La Fontaine, se retrouve à la fin très riche, mais sans femme, sans frère, sans fils, sans ami, et surtout sans la belle insouciance de son ancienne liberté...

Atmen Kelif, dans le rôle d'Ali Baba

Atmen Kelif, dans le rôle d'Ali Baba

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 15:51

Il est des nouvelles qui stupéfient, qui nous laissent incrédules et blessés. Olivier Couasnon est mort brutalement, dans la nuit de mercredi à jeudi 23 février.

Comment est-ce possible ? Fondateur du théâtre de l'Acthalia, metteur en scène de talent, il rayonnait d'énergie, fourmillait de projets ; il avait 45 ans...

Il était une figure de la cité Plantagenêt ; son minuscule "Caveau 105" résonnait des rires et des applaudissements... tout récemment encore, il avait investi la magnifique collégiale Saint Pierre la Cour, pour y faire revivre Fouché et Talleyrand, Mme du Deffand et Mlle de Lespinasse...

Il nous a offert des soirées inoubliables, de purs moments de bonheur théâtral.

C'est bien la première fois que nous sommes tristes, amers, déçus lorsque les lumières s'éteignent...

À ses proches, à ses amis, à sa troupe, toutes mes pensées...

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 20:30

Sur un texte de Jean-Claude Boulard - qui, en plus d'être maire du Mans, construit petit à petit une oeuvre d'écrivain, la compagnie d'Olivier Couasnon, l'Acthalia, nous a proposé vendredi soir une soirée attachante : les confidences, les anecdotes d'un curé hors du commun, au soir de sa vie.

Celui que ses amis, Jean et Marie, n'appellent jamais autrement que "l'abbé" fut d'abord un enfant turbulent, enfant de choeur durant la journée, chef de bande dans les rues du Vieux Mans le soir, en particulier vers les Pans de Gorron, là où se tenaient les fameuses maisons aux lanternes rouges, dont le propriétaire, dit-on, n'était autre que l'Évêque...

Perpétuellement en marge d'une église trop riche, trop éloignée de l'idéal de pauvreté et de fraternité du Christ, notre curé fut résistant, puis participa à l'occupation française en Allemagne, avant de finir, en disgrâce, curé de campagne à Sainte-Colombe, un bourg de la Sarthe... 

L'homme s'exprime tantôt avec humour et malice, tantôt avec indignation ; et peu à peu il se rapproche de sa fin, une fin acceptée, attendue sans crainte ni regret. 

Un tel texte, justement en ce moment, m'a touchée et apaisée ; cet homme fidèle à ses convictions, à ses idéaux, et serein au moment du départ, c'était consolant ; la mort est dans l'ordre des choses, quand elle survient après une longue vie, et sans trop de douleur. Il faut savoir, disait Lucrèce, quitter la vie comme on sort d'un banquet...

Fidèle à elle-même aussi, la troupe de l'Acthalia propose des pièces, qui, comme celles de Brisville, reposent sur l'illusion théâtrale, l'identification des spectateurs aux personnages, la mimésis - d'autant, ici, que le spectacle était donné dans la Collégiale Saint-Pierre La cour : l'architecture gothique s'accordait parfaitement au sujet. C'est un théâtre très "classique", fidèle aux préceptes d'Aristote, qui raconte une histoire... Tout cela peut sembler un peu suranné, certes, comme si toutes les interrogations et les recherches du XXème siècle, d'Ionesco à Brecht, d'Arthaud à Beckett n'avaient pas eu lieu. Mais il faut avouer qu'on y prend plaisir...

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 15:44

Soirée théâtre samedi soir : Le Souper de Jean-Claude Brisville, dans la belle collégiale Saint-Pierre-La-Cour du Mans, joué par la troupe de l'Acthalia.

Cette pièce, jouée ici avec beaucoup d'honnêteté et d'allant, se situe en 1815, peu après Waterloo : Talleyrand et Fouché, deux monstres politiques qui ont survécu à tous les régimes, cherchent à préserver leur vie et leur parcours politique ; pour cela, Fouché doit se résoudre à faire allégeance à Louis XVIII, frère de Louis XVI, qui revient d'exil dans les fourgons de l'ennemi...

Le dialogue est vif, percutant, entre ces deux animaux politiques, qui rivalisent de cynisme. Chacun d'eux tient l'autre par ce qu'il sait sur lui ; chacun d'eux a commis des exactions... l'un a fait tirer au canon sur des prisonniers, l'autre a fait délibérément assassiner le duc d'Enghien...

Le souper se déroule dans une ambiance lourde - la foule manifeste sous les fenêtres, l'orage gronde - et en même temps spirituelle. Les deux hommes sont aussi des épicuriens, qui apprécient autant les bons mots que les bons mets.

Et nous, les spectateurs ? Nous, nous assistons à une véritable tranche d'histoire en direct, comme si nous étions devant notre télévision ; ce n'est certes pas un théâtre révolutionnaire (même s'il manifeste quelque sympathie pour la Révolution défunte), ni surtout novateur ; la langue est parfaitement classique, transparente ; les personnages sont campés avec le réalisme le plus parfait. Talleyrand souffre parfois de son pied-bot, Fouché est gourmand et plutôt mal élevé... Mise en scène, décor, costumes, tout est mis en œuvre pour nous donner cette illusion de réel.

En bon élève d'Aristote, Brisville cultive avant tout la mimesis : c'est de la représentation la plus fidèle possible du réel que doivent naître le sentiment, puis la réflexion. Et de fait, ces deux monstres presque sympathiques, mais qui font froid dans le dos, ne sont pas sans évoquer des situations bien réelles et contemporaines... Le cynisme et la trahison sont de tous les temps.

Il y a presque dans ce théâtre un côté reposant : l'histoire est connue, on en sait la fin, on se livre sans vergogne au plaisir de la reconnaissance (Talleyrand et sa boîterie, Fouché le régicide, sans oublier la voix off de Chateaubriand, à la fin...) et l'on apprécie les bons mots et les petites vacheries de ces messieurs.

A la fin, l'on aura médité, un peu, sur la politique, et fort peu sur l'art du théâtre...

Ah ! et puis, j'oubliais : bientôt, au mois de mai, l'Acthalia enchaîne avec l'Antichambre, au Caveau 105 : encore un dialogue bien cynique entre Julie de L'espinasse, une jeune ambitieuse, et sa protectrice devenue sa rivale, Mme du Deffand...

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