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Le blog d Artemisia L
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Cécile Vargaftig, "Fantômette se pacse" (2006)

Cécile Vargaftig, "Fantômette se pacse" (2006)

Lorsqu'on entend le titre de ce livre de Cécile Vargaftig, la fille du poète Bernard Vargaftig, paru en 2006 aux éditions du Diable Vauvert, on pense à un livre pour enfant, ou à une parodie de roman ; c'est un peu tout cela à la fois...

Sous couvert d'un récit autobiographique (qui en reprend tous les codes : les noms véritables, notamment le sien et celui de son père, l'adresse permanente au lecteur...), l'auteur nous offre un récit tenant un peu du polar loufoque, avec des personnages stétéotypés, comme la cheffe Reine, la tueuse machiavélique Frédérique Weiss (un nom qui signifie "blanche" !) ou encore "Fantômette" elle-même, dans son costume jaune et rouge, alias Nuts, jeune femme obsédée par la nourriture... L'héroïne elle-même n'échappe pas à la caricature : naÏve et retorse à la fois, ne se prenant jamais au sérieux...

Derrière le comique, une peinture du milieu parisien des années 2000 (juste avant l'euro !), où perce l'amertume : car les victimes expiatoires, que les tueuses, avec l'aide active de l'État, veulent exterminer, ce sont les artistes, ceux qui résistent encore au décervelage général, à la pure distraction fondée sur le vide et la répétition... Et là, une petite voix nous dit, quand nous fermons le livre : "hé bé, cela ne s'est pas arrangé depuis..."

"Les temps sont durs. Si vous connaissez des artistes, essayez de les aimer. Faites attention à la haine de l'individu qui germe tout autour de nous. Et si jamais, par le plus grand des hasards, le don s'est abattu sur vous, et que vous êtes vous-même un artiste, sachez que vous n'avez jamais été aussi peu aimé par la société dans laquelle vous évoluez depuis les grandes Invasions (Cinquième siècle après Jésus-Christ)..." (p. 240-241).

Et encore, Cécile Vargaftig n'avait pas alors imaginé la covid-19, et la fermeture de tous les lieux "non-essentiels" : musées, salles de spectacles, cinémas... Comme si l'on était passé du crime artisanal à l'assassinat de masse ! Pauvre Fantômette...