Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 17:01

Ennemis publics est un dialogue épistolaire publié chez Flammarion-Grasset en 2008. Deux stars de la littérature tentent de se trouver des points communs, et de dépasser leurs différences, dans un échange de lettres d'un peu plus de six mois, entre janvier et juillet 2008.

Tout semble séparer ces deux hommes : l'un se définit comme "anarchiste de droite", l'autre comme de gauche, venu même (et revenu...) de l'ultra-gauche ; l'un aime une vie sédentaire, sans attache véritable à un sol particulier, certes, mais peu adepte des grands voyages ; l'autre est un globe-trotter que l'on retrouve sur tous les champs de bataille de la planète, de Sarajevo assiégée au Darfour, en passant par l'Afghanistan et bien d'autres...

Tout aussi les réunit et les confond : à commencer par cet étrange rapport d'amour-haine qu'ils éprouvent, face aux médias, à leur public, et à leur propre statut de vedette, tous deux se sentant, finalement, l'objet d'une détestation, voire d'un acharnement quasi universels - à tel point que la lectrice "lambda" que je suis se trouve parfois gênée par leur insistance à se dire victimes de la haine et de la calomnie... Mais je dois à la vérité d'avouer que si j'ai assez peu lu leurs œuvres respectives, je n'ai en revanche jamais parcouru le moindre article de ceux qu'ils désignent comme leurs persécuteurs, les Demonpion, Assouline, et quelques autres.

Je suis toujours étonnée de constater que l'on puisse accorder une telle importance à l'opinion de gens que l'on trouve soi-même parfaitement méprisables, et souffrir à ce point de ce qu'ils peuvent bien raconter...

Ces deux-là, je les connais finalement assez peu ; spontanément, je n'aurais guère de sympathie pour l'islamophobie quelque peu hystérique de l'auteur de Soumission. Quant à BHL, je l'ai souvent aperçu à la télévision, où ses interventions m'ont souvent paru pertinentes et sympathiques - même s'il m'est difficile de passer sur son soutien inconditionnel à Israël, ma critique portant sur le mot "inconditionnel". Nul peuple, fût-il mille fois victime de l'Histoire, n'a le droit de commettre à son tour des crimes contre un autre peuple.

On voit que j'avais toutes les raisons d'aborder ce petit livre avec circonspection.

Et pourtant, il me séduit.

Parce qu'il est, d'abord, un dialogue entre deux hommes, qui mettent à plat leurs différences, s'expliquent avec franchise et sans concession, sans jamais tomber dans l'agressivité ni le mépris. Ce qui, par les temps qui courent, est déjà en soi exemplaire.

Ensuite parce que chacun d'eux voit d'abord en l'autre un frère, frère ennemi, certes, mais frère d'abord, un être humain doté d'une conscience, d'une sensibilité, à qui il convient d'abord de tendre la main.

Alors au fond, peu importe que sur les sujets abordés, l'engagement, la littérature, la philosophie, la religion, ils parviennent ou non à un accord : ils auront du moins démontré l'essentiel : que l'on peut en parler sereinement, et constater des divergences sans vouloir s'exterminer mutuellement. Et rien que pour cela, merci à eux deux.

16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 20:23
Un beau dessin... pour Charlie

Un beau dessin paru dans Libération, ce dimanche 11 janvier...

9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 15:36
Ils ont voulu tuer Charlie Hebdo... ils l'ont rendu immortel !...
6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 17:46
Encore un arbre assassiné au Mans !

Il était pourtant si beau, ce ginko Biloba âgé de 100 ans, qui illuminait chaque automne les pierres de la cathédrale...

Monsieur le Maire en a décidé autrement.

Un funeste lundi matin, sous le prétexte fumeux de fouilles archéologiques (mais pour qui fait-il passer les archéologues ? Lui qui enfouit les découvertes sous des tonnes de béton, voir ici) il l'a fait abattre, malgré les protestations indignées...

Monsieur Boulard aura donc réussi à détruire presque tous les arbres vénérables de sa ville ; presque tous les parterres ont disparu, et le peu qui reste survit à peine... Pourquoi donc cette haine de la chlorophylle - ou de la vie, peut-être ?

Voilà donc le paysage urbain idéal de Monsieur Boulard... et voilà comment il respecte la cathédrale !

Encore un arbre assassiné au Mans !
Encore un arbre assassiné au Mans !
19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 20:20

Première surprise, fort agréable : comme la plupart des musées de Toulon, celui-ci est gratuit ; voilà une mesure simple, efficace, et juste de rendre la culture accessible à tous. Hélas ! Peu de gens le savent, apparemment, car on y croise bien peu de monde... Nous sommes au mois d'août, il est vrai...

Seconde surprise : ce musée se trouve dans une très belle villa, tout près du charmant petit port Saint-Louis, non loin du Mourillon. Et cette villa appartint au fils et au petit-fils de Jules Vernes... J'ignorais que cette famille, si ancrée à Nantes, était aussi venue par ici !

Troisième et dernière surprise, non la plus mince : présentée sur deux étages de la villa, la collection, qui couvre toute la zone extrême-orientale, Chine, Japon, Thaïlande, Indonésie, Inde, est d'une richesse exceptionnelle ; constituée d'objets offerts par des marins toulonnais, elle est remarquablement présentée, et comporte des objets de toute beauté : peintures, sculptures, objets de toute sorte, c'est absolument magnifique !

À voir absolument, du mardi au dimanche, entre 12 h et 18 h.

Le musée d'art asiatique de Toulon
18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 19:30

Comment une belle et généreuse idée peut-elle tourner au cauchemar absolu ? C'est ce qui est arrivé au superbe projet architectural de Fernand Pouillon à Alger, la cité "Climat de France" ; et c'est ce que nous montre la belle exposition - photo et vidéo - de Stéphane Couturier, à l'hôtel des Arts de Toulon (juillet - septembre 2014).

Un beau projet, donc : une cité conçue comme une ville à part entière, autour d'un "forum", une immense place appelée Place des Deux cents colonnes, et dans laquelle 30000 personnes devaient vivre dans l'harmonie et la convivialité.

Quelques décennies plus tard, 55 000 personnes s'entassent dans une cité inhumaine et délabrée, où plus personne n'entre sans danger ; la place des Deux cents colonnes, loin de constituer un forum ou une agora - lieu de vie, d'échange - n'est plus qu'un espace vide que parcourent inlassablement des jeunes en mobylette ; partout la laideur, la misère, et un gigantisme quasi stalinien...

Stéphane Couturier est parvenu à entrer dans ce gigantesque ghetto ; à filmer et photographier des visages (presque exclusivement masculins : où sont les femmes ? Se terrent-elles chez elles, plus exclues encore que les exclus ?), et à donner à ce monde infiniment cruel et dur une sorte de beauté paradoxale, d'humanité...

Climat de France, une photo de Stéphane Couturier

Climat de France, une photo de Stéphane Couturier

15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 16:26

Sous les jupes des filles (juin 2014) est le premier film d'Audrey Dana ; il met en scène, pendant 28 jours (le temps d'un cycle menstruel !) 11 femmes...

Voilà donc un film choral, presque un film à sketches, une galerie de portraits incarnés par des stars : Isabelle Adjani en directrice foldingue qui n'accepte pas la ménopause, Laetitia Casta en amoureuse calamiteuse (et avocate surdouée), Vanessa Paradis en cadre supérieure odieuse et solitaire, etc.

Et l'on a droit à tous les clichés de la féminité : la jeune épouse déboussolée qui goûte aux "joies" et aux désillusions de l'homosexualité, avec une lesbienne forcément cynique et forcément volage, la cadre sup' incapable de se faire des copines, la patronne forcément extravagante...

Les hommes en prennent pour leur grade : tous inconsistants, égoïstes, aveugles. Les enfants aussi : tous insupportables, hurleurs, exigeants. Les femmes aussi, toutes frustrées, hystériques...

Il faut reconnaître que certaines scènes sont drôles, certains personnages attachants - comme celui de Sabine Testud, insupportablement paranoïaque, mais curieusement apaisée et sereine dès qu'un vrai danger se présente, le diagnostic brutal d'un cancer du sein. Mais l'ensemble est trop long, trop lourd, trop caricatural, sans vrai scénario, et avec une direction d'acteurs parfois limite...

Un film aimable, en somme, pour une soirée distrayante. Mais qui ne restera pas dans les Annales du cinéma !

15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 16:08

En 1981, Annie Ernaux décrit dans ce roman la vie "normale" d'une jeune femme, qui après une enfance heureuse et libre, découvre la "vraie vie" : un mari, puis un, puis deux enfants.

L'existence qui se restreint, ménage, vaisselle, courses au supermarché, cuisine, biberons, promenades au parc... pendant que Monsieur "qui, lui, travaille", accepte tout naturellement de voir sa compagne transformée en domestique... et pire, croit, feint de croire, tente de lui faire croire qu'elle peut s'épanouir dans cet univers absurde et confiné...

Le CAPES, et le métier ne changeront rien. N'a-t-elle pas, elle, la "chance" de n'avoir que 18 heures de cours et de longues vacances ? Alors, qu'elle trime encore à la maison, et bien vite choisisse le collège plutôt que le lycée, sacrifiant non seulement sa carrière, mais ses goûts et ses aspirations les plus légitimes, quoi de plus naturel...

Annie Ernaux ne se lance jamais dans de grandes tirades féministes ; mieux encore, elle montre crûment combien elle-même se "laisse avoir", se fait complice de son propre asservissement ; combien l'accablement poisseux qui est le sien finit par lui ôter toute énergie pour se battre, et changer sa vie...

Mais comment ne pas reconnaître le destin empêché de tant de femmes, le monstrueux gâchis dont personne ne sort grandi ni plus heureux, comment ne pas partager cette révolte et cette colère ?

Les choses ont-elles changé ? Sans doute, la répartition des rôles est-elle aujourd'hui moins caricaturale, et la bonne conscience des mâles a perdu de son arrogance. Mais qui ne connaît ces collègues chargées d'enfants, et qui ne parviennent à un certain épanouissement personnel, dans leur métier ou au-dehors, qu'au prix d'un épuisement surhumain ?

21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 16:40

Nous avons assisté à la renaissance d'unth théâtre (voir article précédent) ; mais un théâtre n'existe que par les pièces qu'on y joue...

Et justement, nous avons assisté jeudi 15 mai, dans la grande salle, à la toute première pièce jouée dans ce nouvel espace :

Ali Baba, adapté en français par le palestinien Elias Sanbar, et monté par la metteuse en scène Macha Makeïeff, co-fondatrice des Deschiens, et actuellement directrice de la Criée de Marseille...

Ce fut un beau spectacle, mêlant l'Orient traditionnel des Mille et Une Nuits à des images du Marseille d'aujourd'hui (le port de la Joliette, les hordes de touristes se faisant prendre au bonneteau...), la vidéo, la musique, la danse et l'acrobatie - une mention particulière pour les trois brigands, extraordinaires sauteurs...

L'on a ri, l'on a souri, l'on a aimé cette fable toute simple sur le pouvoir de l'argent, et la naïveté du pauvre Ali Baba, qui, tel le cordonnier de La Fontaine, se retrouve à la fin très riche, mais sans femme, sans frère, sans fils, sans ami, et surtout sans la belle insouciance de son ancienne liberté...

Atmen Kelif, dans le rôle d'Ali Baba

Atmen Kelif, dans le rôle d'Ali Baba

16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 20:29

Cette fois-ci, nous y sommes ! Le théâtre du Mans renaît. Enfin achevé, il règne au pied de la cathédrale... et déjà la première représentation a fait le plein ! La place des jacobins, si vide, si meurtrie par des années de travaux, reprend vie.

1. le hall

2. la grande salle

3. les statues de l'ancien théâtre, dans un écrin de verdure

4. galerie d'exposition

5. 6. et 7. la salle du conseil municipal

8. Animation extérieure

Le nouveau théâtre des Quinconces, au Mans
Le nouveau théâtre des Quinconces, au Mans
Le nouveau théâtre des Quinconces, au Mans
Le nouveau théâtre des Quinconces, au Mans
Le nouveau théâtre des Quinconces, au Mans
Le nouveau théâtre des Quinconces, au Mans
Le nouveau théâtre des Quinconces, au Mans
Le nouveau théâtre des Quinconces, au Mans

Le nouveau théâtre des Quinconces, au Mans

Présentation

  • : Le blog d Artemisia L
  • Le blog d Artemisia L
  • : littérature, réflexion, et aussi ce que j'aime : le Mans, Marseille... et les chats !
  • Contact

Recherche

Liens