Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 20:05

Ce week-end s'achevait la 20ème édition de "Puls'art", la grande manifestation d'art contemporain qui enchante le Mans tous les mois de mai... Cette année, la pluie battante frappait les barnums dressés dans le jardin du Musée de Tessé - un beau lieu pour l'art !

J'ai aimé les frêles silhouettes d'Adrienne Arth, les images brumeuses de Berg, les paysages de Mireille Cornillon, et vérifié l'omniprésence du néo-expressionnisme, symptôme peut-être d'une société malade d'angoisse qui arpente ses cauchemars...

Mireille Cornillon

Mireille Cornillon

Mais la grande découverte, ce fut l'univers étrange et coloré d'Hermann Braun-Vega, peintre péruvien invité d'honneur du festival, et à ce titre présenté dans le Musée même.

Il y a un univers pictural sud-américain, une certaine manière de faire chanter la couleur, une sorte de fauvisme... Mais Braun-Vega, c'est surtout une extraordinaire culture picturale, un jeu parfois insistant sur les références, le mélange des univers, pour traduire un message social et politique... Ici, Ingres rencontre Picasso ; là, Œdipe, du même Ingres, répond au Sphinx en tournant le dos à des gamins jouant sur une plage ; on retrouve plusieurs fois, dans des contextes différents, l'auto-portrait solennel de Poussin...

Les époques s'entremêlent, le spectateur est sans cesse sollicité pour un jeu de réécriture...

braun-vega matisse

braun-vega oedipe

Par Artemisia L - Publié dans : Art - Communauté : Le Mans
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 11:36

Après tant de semaines, tant de mois désespérants, le ciel semble enfin s'éclaircir.

En Europe, alors que les partisans d'une austérité punitive et inhumaine semblaient boulonnés à leur poste, voilà que la croissance s'invite à nouveau dans le débat politique. Les plus fervents défenseurs de la médecine du XVIIème siècle - on saigne le malade jusqu'à ce qu'il meure guéri... se font plus rares, plus discrets, et doivent mettre un peu d'eau dans leur chope de bière...

En France, ENFIN !!! Voilà congédiée la présidence la plus vulgaire, la plus intolérante, la plus destructrice de toute notre histoire ! Fini, le président "bling-bling" et grossier, fini les ministres de l'Intérieur qui rivalisaient de xénophobie, finies les mensonges, le pays  quotidiennement humilié par ses propres dirigeants...

Nous savons bien que François Hollande ne fera pas de miracle : nul ne lui en demande. Mais qu'il rende au moins sa dignité à notre pays !

Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, en voici une autre : et c'est de Grèce qu'elle nous arrive.

On prédisait une "marée brune" ;  et de fait, le parti néo-nazi obtient entre 6 et 8 % des suffrages. Si l'on songe aux scores des Le Pen en France depuis des années, on peut se dire que les Grecs, que l'on disait pourtant si sensibles aux sirènes de la xénophobie et du fascisme, se tiennent nettement mieux que nous !

Et surtout, surtout... Là-bas, c'est Syrisa qui surgit sur les décombres du PASOK et de la droite ; Syrisa, l'alter ego de notre Front de gauche, porteuse des mêmes valeurs de solidarité, de liberté, de dignité qui ont fait vibrer la foule, du Prado de Marseille à la Bastille ! 34 % des voix !!!

Décidément, l'air redevient plus respirable, en Europe. L'espoir renaît. 

Et puis, les hirondelles sont revenues... avec, qui sait, dans leurs plumes, un léger parfum de jasmin...

Par Artemisia L - Publié dans : Actualité
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 11:14

Nous nous étions pris à rêver d'un "printemps marseillais"... Mais les résultats d'hier soir nous ont douchés. Il n'y a pas eu de miracle, juste un mauvais rêve.  La championne du nationalisme le plus nauséabond, qui veut renvoyer les femmes aux fourneaux, les immigrés à la mer (et bientôt les pauvres aux travaux forcés ?) a obtenu plus de 18 % des voix, tandis que le Front de gauche, qui voulait ranimer les beaux idéaux de solidarité, de métissage, de fraternité, plafonne à 11,1 % ???

La France est-elle donc si malade, après une crise si longue, et cinq ans de sarkozysme, cinq ans d'une présidence malfaisante, qui a passé son temps à désigner des boucs émissaires et à faire monter la haine et la peur, contre les Roms, les immigrés, les clandestins, les chômeurs, les Grecs, les Espagnols, les Italiens, les pays émergents, la Turquie, les jeunes, les homos...

Comme je la reconnais mal, cette vieille France rancie et peureuse, qui tremble devant son ombre et n'a plus pour toute ambition que d'être "protégée" ! Protégée des autres, toujours perçus comme une menace, protégée de l'ouverture, de l'espace qui lui donne le vertige, protégée du moindre risque, comme si la vie même n'en comportait pas !  

Cette vieille France racornie qui compte ses sous, pour qui un enfant qui naît ne représente rien d'autre qu'un "coût", une bouche à nourrir (le moins possible)... pour qui les travailleurs ne sont rien d'autre qu'une "ressource humaine", et encore, une ressource ! le mot est trop positif. Le travail, c'est n'est plus de la production, de l'énergie, de la création : c'est juste, encore une fois, un coût. Vieux avares qui affament leurs domestiques, et mangeraient leur merde s'ils le pouvaient !...

La santé, l'éducation, la justice : des coûts à réduire, quel qu'en soit le prix.

Les jeunes ? Sûrement pas un investissement dans l'avenir ! d'ailleurs quel avenir ? ah ! si seulement on pouvait les enfermer directement en prison dès leur sortie de la maternité !...

 

Et pourtant, une fois la colère et la déception passées, on peut voir des raisons d'espérer.

Certes, nous ne sommes pas au second tour, nous n'atteignons pas les 15 ou 16 % que nous espérions. Mais c'est la première fois depuis bien longtemps qu'un candidat obtient un score à deux chiffres, avec un discours tellement à contre-courant de l'idéologie ambiante ! Un discours qui nous dit que l'histoire ne se fera pas sans nous, que l'homme peut être plus fort que les "marchés" , cette nouvelle image du "fatum" antique, que  le métissage est une chance et qu'il faut  ouvrir les frontières, que le travail n'est pas seulement une dépense, mais une oeuvre... C'est peut-être la promesse d'un renouveau, après tant d'années de chute continue...

Et puis, la bataille n'est pas finie.

Il reste le premier mai, si les syndicats parviennent à s'unir.

Il reste le second tour de l'élection présidentielle, avec pour commencer une tâche unique, et urgente : nettoyer les écuries d'Augias.

Et puis les législatives : et c'est là que nous pourrons vraiment mesurer notre force...

Et puis il y aura tout le reste : une bataille politique ne s'arrête pas au lendemain des élections...

Et comme le montre cette carte (Libération.fr), même Paris a voté à gauche !

Par Artemisia L - Publié dans : Actualité
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